;a boite

Quand ma coloc me dit qu'elle a pris l'habitude de donner tous les jours une friandise à ma chatte en secouant la boite pour la faire revenir si un jour elle s'enfuit…

Elle boit pour censurer sa peine, les injures qu'elle aimerait dire
T'as l'impression qu'elle veut rester, au fond elle aimerait fuir
—  Ash Kidd

La première fois que je l'ai vu, c'était un de ces matins de cours, début septembre. Je n'avais pas fait vraiment attention aux gens de ma classe, mais cette fille là a attiré mon attention. Elle semblait parfaite quand on la regardait. Elle avait un air de fille qui n'a pas besoin de faire attention à son apparence pour être magnifique. Elle se baladait dans un sweat gris beaucoup trop grand, et ses cheveux étaient en bataille. Ce jour là, je l'ai vu rejoindre son petit ami, le garçon parfait en l’occurrence. Elle avait une démarche assurée, elle riait avec les amis de ce garçon, elle lui faisait les yeux doux. Elle semblait être la fille avec le moins de problème au monde. J'ai appris plus tard que ce n'était qu'une façade. Que ce sweat aux manches trop longue masquait les marques sur ses bras. Que les cheveux en bataille était un manque d'envie de se lever le matin pour affronter la vie. Que le petit ami en question était un cauchemar éveillé. Que les rires étaient ce qui l'empêchait de pleurer devant les autres. Que sa démarche était calculée, comme tout le reste, pour paraître normale. Je n'ai compris que plus tard que cette fille qui semblait contenir tout le bonheur du monde était en fait une boite de Pandore. Je n'ai compris tout le malheur qu'elle contenait que lorsqu'elle m'a donné les clés pour la comprendre.

tout va bien. tu te le répètes et tu y crois. jusqu'au jour où tu te rendras compte de la noirceur du monde qui se développe autour de nous, que tu ne vois pas, dont tu refuses d'admettre qu'il est autant boiteux que toi. un jour tu te lèveras et tu verras comment le monde ne tourne plus rond. comment on a bousillé l'humain, l'amour et toutes ces choses qui font qu'un matin on a pu écrire le mot humanité. tu comprendras qu'il y'a des choses qui clochent partout et ailleurs. que finalement tu n'étais pas réellement maître de tes envies, que tu étais dicté et manipulé comme un patin. qu'on t'a élevé pour que tes émotions, tes aspirations, tes rêves..restent moqués donc bloqué à l'intérieur de toi et qu'à un moment cela va pourrir ton âme.
tu es éduqué pour que tu deviennes aussi médiocre qu'eux. autant malheureux. me demande pas pourquoi, je ne comprends pas. je ne comprends pas pourquoi ils n'ont pas envie de nous voir réussir.
mais toi, tu vas oublier ce que je viens de t'écrire, toi cet été tu te réjouiras de dépenser des dollars dans une piscine remplie de personne vénale dont tu seras convaincu qu'ils voudront ton bien, pensant que ton bien c'est de dépenser pour oublier. oublier que tu es un humain avec des émotions. et ils auront gagnés un instant de ta vie que tu ne pourras plus jamais reprendre. tu vas oublier de vivre un mois ou deux, pensant que vivre c'est de dépenser. mais un jour tu comprendras que être et beaucoup mieux que de croupir, beaucoup mieux que de gaspiller, de boire, de se ruiner dans des choses futiles.. vivre ne signifie pas de refouler tout ce que les autres nous font subir, vivre ne signifie pas de suivre les autres dans leur mal être intérieur, vivre n'est pas de faire comme tout le monde. c'est cette noirceur qui nous empêche de voir que nous pouvons être tellement mieux que tout ca. cette noirceur du monde qui se résume à crier au plus grand nombre que tu as une soi disant meilleure vie que les autres, de le poster, de le publier partout. mélange à ça l'égoïsme idiote et rigolote qui empêche les individus d'être heureux ensemble. la société c'est imposée à elle-même des supplices dont elle est ca propre créatrice. ca me fait tellement penser aux personnes flemmardes qui ne se préparent pas de bon petits plats en préférant manger de la merde en pot déjà tout fabriqué. vous êtes pareils. des merdes en boite. vous n'allez pas changer, vous êtes des flemmards, vous vous complaisez dans votre malheur d'égoïsme. vous êtes les enfants de la plus médiocre des sociétés et vous en êtes fière. vous croyez être heureux mais tu ne l'es pas.. tu ne l'es pas parce que tu critiques et tu insultes ton prochain. tu détruis ce que tu penses être mauvais juste parce que la différence n'est pas quelque chose qu'on t'a appris à respecter. parce que tu n'en es pas une. t'as rien d'extraordinaire à raconter, ni à combattre. tu as peur de la diversité parce que c'est avoir quelque chose en plus, quelque chose en plus que tu n'auras jamais. et qui y'a t-il de pire dans cette société de ne pas avoir quelque chose que certains d'entre nous ont? et dont tous les dollars du monde ne pourront pas l'acheter? frustration de besoin. le monde en est arrivé là. tu comprends maintenant. le monde va mal et tu y contribues

A Toi qui lis ça,

A toi qui a perdu ton amour, celui d’un mois, celui d’un soir, celui d’un an, celui de ta vie, 
A toi qui vis sans vraiment te sentir vivre, 
A toi qui es là sans savoir vraiment pourquoi, 
A toi qui voudrais juste disparaître,
A toi qui ne crois plus, 
A toi qui ne comprends plus,
A toi qui te sens seule, 
A toi qui photographies tout pour pas oublier, pour sublimer ce monde gris,
A toi qui as pleins d’abonnés mais qui souffres toujours seule, qui ne parles pas, 
A toi qui pars à l’autre bout du monde, qui dois quitter famille, amis, amour, pour quelques mois,
A toi qui ne cherches qu’à maigrir,
A toi qui t’abîmes encore,
A toi qui rechutes,
A toi qui vois les autres partir et qui restes,
A toi qui nous dessines,
A toi qui n’arrives pas à assumer ta sexualité,
A toi qui te poses des questions, 
A toi qui ne sais pas où tu en es,
A toi jeune fille, qui aimes une autre fille,
A toi qui es en transition identitaire,
A toi qui fais ta crise,
A toi, l’amoureuse,
A toi, la borderline,
A toi, ami des étoiles,
A toi qui me stalkes pour savoir si je vais bien,
A toi l’abîmé, à toi l’abîmée,
A toi qui te sens vide, à toi le brisé,

Tu es beau, tu es belle, tu comptes, tu t’en aperçois pas, mais tu comptes, et crois moi, la roue tourne, c’est bateau comme phrase, mais j’t’assure que ça changera… Ça ira, ça passera, ça s’arrangera, le temps passe, le temps guérit ces plaies là. 
Toutes les lignes au dessus, c’est vous, ce n’est qu’un échantillon de vos soucis, de vos vies dans ma boite de message. Seulement un échantillon. 
Tu es beau, tu es belle, tu comptes. Tu es magnifique, et bientôt libre. Tu es terriblement touchant, tu es sublimement en vie. Garde espoir, ça va aller. 
Je te fais des câlins. 
Prends soin de toi s’il te plait,

Aël.

Et si un jour t'as le courage de m'aimer, faudra que tu supportes mes excès de colère, et mes crises de larmes, que tu me supportes lorsque je serais saoulé, de toi, des gens, de la vie, de tout, lorsque je serai triste aussi, et que j'aurai envie de chialer, que j'arrêterais de parler.. il faudra que tu me supportes lorsque je ferai que de rigoler pour un rien, que je serai surexcitée, que j'aurai envie de m'amuser et d'aller danser, en boite ou en soirée. Il faudra que t'accepte aussi que je soit chiante, un peu collante et que j'ai besoin de calins tout le temps.
Mais surtout, si un jour t'as le courage de m'aimer, il faudra que t'accepte le fais que ce soit encore douloureux et que j'ai du mal à l'oublier..