30jourspourécrire

(jour 12)
c'est quand le monde dort que je respire enfin
quand le plancher de la ville fatiguée a cessé de craquer
quand l'invisibilité subversive de la foule se mue dans la transparence absolue du sommeil
c'est quand l'univers monte pesamment les marches écaillées pour se rendre à l'étage du repos
c'est maintenant que je respire enfin
de l'autre côté de la table
assise en face des convenances et de mon carcan de jolie jeune femme
(gentille, discrète, intelligente et polie)
(mais si lisse, si lisse)
de l'autre côté de la table que je respire enfin


loin de moi ces attentes si fortes que vous nouez à mes épaules
ces rêves éperdus dont vous me dotez avec tant d'amour
dans vos yeux qui se figent vous me couvrez d'un très déplaisant honneur:
à la fois amour immense et son incompatibilité avec la fuite
je ne peux pas fuir
pas dévier
quelques soient mes maigres incartades, vous les redressez prestement
rien ne dépasse plus du cadre
tout est en ordre, et moi avec
je n'ai pas le droit de penser à côté
assommée par cet amour immense dont vous m'étouffez
et dont je n'ai même pas le droit de me plaindre
puisqu'enfin
c'est de l'amour
ils t'aiment ces gens
estime toi heureuse
je ne me sens ni le droit ni l'envie de me plaindre
(la culpabilité me ballotte rien que d'y penser)

respectez seulement ces quelques heures que je vole où, quand le monde dort enfin, je me place à son sommet, et je pleure, et je respire, et j'existe comme j'ai le droit d'exister, c'est à dire pour moi seule et par moi seulement

Ne pas oublier

Il y a tant de choses que j’aimerai dire. Des cris imprononçables qui meurent au bord de mes lèvres, des noms interdits par le temps que je ne sais plus dire, des larmes que je voudrais expliquer pour ne plus être seule à les sécher, des mots doux qui ne veulent pas quitter ma gorge, un merci oublié, des adieux que la vie m’a volé, des vérités douloureuses que j’aimerai murmurer à mon reflet pour enfin comprendre, des excuses aux morts, des “je t’aime” aux vivants, des regrets, des remords. Je voudrai savoir parler au monde, pour m’adresser aux autres, à eux, à mon père qui souffre, à ma mère qui ne souffre plus, à mes frères à qui je n’ai jamais dit un mot, à ceux qui prétendent me connaître mais qui ne m’ont jamais vraiment vu, à ces quelques uns qui ont vu mes larmes, à ceux que j’ai aimé, à celle que j’ai aimé mais que je n’aime plus, à celui que j’aime encore et pour toujours je l’espère, à ces amis qui rendent ma solitude quotidienne supportable, à ces vieux amis qui m’ont déjà oublié, à ces anciens amours sans importances qui m’ont servi à tuer l’ennui, et puis m’adresser à moi-même, me dire toutes les choses que jamais personne d’autre ne me dira, m’expliquer enfin, me comprendre, me pardonner.

Pour l’instant, le souffle me manque pour dire ce que j’ai à dire. Alors j’écris ces mots, pour ne pas oublier.

30 jours pour écrire, jour 13.

“Ça te dérange si je nous filme ?” Dans le reflet de ses pupilles sombres, je ne me reconnais pas. Il a les mains brûlantes, la peau humide, le sourire fou. Il me dévore et ce n'est pas moi qu'il mange c'est l'image qui se fait de moi, le fantasme dont il m'entoure. Modulable je deviens celle qu'il désire, je me pare d'une nudité qui ne m'appartient pas, d'une voix inventée, d'un regard nouveau - et il ne voit rien. Dans ma tête, c'est éteint. Il souffle la fumée à ma bouche. Fenêtre sur cour. Le ventilateur brasse de l'air déjà chaud. J'étouffe. Je dis non, c'est impossible, je ne veux pas être cette femme là, je ne veux pas d'image d'une autre que moi avec mon corps, pas de souvenirs, tu garderas l'illusion de la possession (je t'ai offert mon vide, tu as pensé que c'était un cadeau). Tout tourne. Tout meurt. Ce n'est pas moi dans son lit, ce n'est pas moi entre ses bras. C'est l'image pâle d'une fille qui dit oui. Un verre d'eau, l'eau froide sur ma peau. Yeux noirs cheveux bruns, gourmandise affichée. Dans le miroir de la salle de bains inconnue, je ne vois que mes lèvres humides et mes yeux cernés. Je ne me ressemble pas - je ressemble au vide.

Les tremblements

Il a froid, tellement froid
Ses dents s’entrechoquent
Il tremble de tout son corps
Il n’arrive pas à se réchauffer.

Il se souvient de la chaleur
De son rire qui remplit le monde
De ses mains dans l’eau fraîche
Du soleil qui brille, tellement fort.

Tu me manques, tu sais
La chaleur, toi, moi, nous
Quand nous étions ensemble
Dans la chaleur humide.

Et il ne reste que mes tremblements.

30 jours pour écrire, jour 11.

Il y a
ton ventre
ta peau
ton dos,
il y a
tes mots
à mon oreille
et sur ma joue,
il y a
tes doigts
que j’imagine
là,
là,
et là,
mille doigts
que je suis seule
à savoir,
il y a
mes draps
moites,
ma fumée
blanche,
ma voix
qui se brise,
il y a
un monde entier
dans mes soupirs
et tu le sais,
il y a
ton corps
si loin
du mien
et nos désirs
qui dansent
entremêlés
indissociables
aimantés,
il y a
une fleur
qui fane
entre mes lèvres,
petite mort
entre mes cuisses,
il y a
ton souffle
qui gonfle mon monde
entier.

2

(jour 10)

lâcher prise

Il y a eu les trois semaines noires

- et puis, plus tard, l’homme qui respire. Et l’homme qui respire a dit : pourquoi fais-tu semblant de n’être pas triste quand tu l’es ? Et l’homme qui respire a dit : respire. Il a dit : chaque émotion a sa place. Sois heureuse quand tu ressens du bonheur. Sois triste quand tu as de la tristesse. Sois mélancolique si tu dois l’être. Sois soucieuse; démotivée; stressée; angoissée; anxieuse. L’homme qui respire a dit : ouvre-toi à tes émotions lorsqu’elles frappent à la porte. Ressens les au moment où elles sont présentes car alors tu dois ressentir. Et puis l’homme qui respire a dit : respire. Ne te sens pas coupable de ne pas être heureuse lorsque tu es triste; sois triste, puis quand tu auras fini ta tristesse sois heureuse. Ne procrastine pas dans tes émotions, les émotions pourrissent. Et puis l’homme qui respire a dit : sois douce avec toi-même. Tu apprends à vivre et bien souvent toute une vie n’y suffit pas - sois douce avec toi. Prends toi par la main quand tu désespères plutôt que de te fustiger et de te forcer à reprendre au plus vite ce que tu as manqué. Prends toi par la main et dis-toi que chaque émotion est là le temps qu’il faudra; le temps écoulé, elle partira. L’homme qui respire a dit : respire. Sois triste quand tu es triste. Ne sois pas coupable d’être triste. Ne sois pas honteuse d’être triste. Ne sois pas fâchée. Ne sois pas triste d’être triste. Quand tu es triste, sois simplement triste.
Et alors l’homme qui respire a dit : respire.

Depuis, quand la tristesse arrive je lui fais une place dans les bras de mon coeur; je la chouchoute, je la câline car alors il es temps de ressentir la tristesse. Quand je ressens de la colère, j’accueille la colère; je l’embrasse et je la dorlote, car c’est le temps de la colère.

Depuis que j’ai repris la respiration, elles s’attardent beaucoup moins, ces émotions que je jugeais négatives et qui jouaient aux passagères clandestines dans mes beaux jours. J’apprends à ne plus avoir honte de ressentir. J’apprends à me laisser vivre. Parce que l’homme qui respire est arrivé dans ma vie et il m’a dit : tu ne vis qu’un seul instant présent. Le passé n’existe plus et le futur n’existe pas. Tu ne vis qu’un seul instant présent, pourquoi le passer à culpabiliser ce que de toute manière tu ressens déjà ? Il a dit : respire. Il a dit : laisse toi vivre.

30jourspourécrire : 2ème édition

Bonjour à tous,

Je suis ravie de vous annoncer que 30jourspourécrire reprend du service ! Cette année, le défi commencera à partir du lundi 17 juillet 2017.

30jourspourécrire, qu’est-ce que c’est ?
Un défi pour tous ceux qui aiment écrire mais n’ont pas le temps, pas le courage ni l’inspiration pour s’y mettre, ou tout simplement pour ceux qui aiment relever des challenges. Un défi pour que l’écriture devienne une habitude. Tous les jours, pendant 30 jours, vous écrirez un texte sur un sujet proposé. Les textes seront regroupés sur cette page, publiés anonymement ou non. Prose, poème, nouvelle, théâtre, épistolaire, la forme est libre. Le but est d’arriver au trentième jour en ayant écrit 30 textes.

Comment ça marche ?
Pour lire les consignes, rendez-vous sur cet article.

Depuis un certain Noël de ma neuvième année, j'écris dans un carnet. Je me plaignais principalement, de ma sœur, du duvet de ma lèvre supérieure ou de la qualité médiocres de certains films, puis je me suis mise à tomber frénétiquement amoureuse de garçons les années qui suivirent ; il m'a été d'un grand secours de pouvoir déverser tout mon ridicule amour de collégienne. J'écris depuis près d'un an ma seule véritable histoire d'amour. Et tout ce qu'il y a autour, je le notifie. Un tampon dateur, parfois des larmes, des fleurs séchées, du sang étalé par erreur sur un coin de page, de l'encre qui bave. C'est passé si vite. J'écris que je veux écrire. J'écris que je veux séduire celui que j'ai séduit. J'écris que les jours passent. Et j'ai une peur bleue de les perdre un jour, ces bouquins sans autre valeur que celle de ma vie. Ces notes à moi-même, j'aimerais les léguer. Le rapport quasi complet d'une vie de fille. Qui cela intéressera-t-il ? Peut-être ai-je fait ça dans un but précis. Deviendrai-je quelqu'un d'important ? J'aimerais un jour pouvoir écrire avec certitude que tout ça mène quelque part. J'aimerais écrire :

“Je vais devenir écrivain”.

11. Il y a

     « Il y a ». Jamais « y’a ». Jamais de bouillie dans sa bouche, toujours les mots bien distingués, chaque syllabe bien à sa place. Il-y-a. Elle aurait du reconnaître rien qu’à ces trois mots qu'il n’était pas vraiment un enfant comme les autres.

     Petit criquet. Petit gamin dégingandé. Pas de lunettes, des joues qui débordent : c’est l’enfant lys-pierre à croquer, et parfois la même bouille que l’œil du chat, la patte en l’air, avant qu’il n’envoie balader les pierres posées sur le rebord.

     C’est l’enfant-pamplemousse. Joyeux et, soudain, calme : souffle sur l’air inhabité. Que reste-t-il des anges ? Des notes de piano qui gazouillent, des enfants qui ne sont d’aucun temps (de ceux sur qui l’époque ricoche, mais où les cœurs nagent à la brasse). C’est l’enfant-vague, celui qui coule, celui des rires et des rizières.

     Il tient dans une enveloppe et dans un baluchon : un poisson mort, un gros chagrin, beaucoup de billes, et puis la cinquième branche de l’arbre. Un nid d’oiseau dans les cheveux. La mémoire courte et la tendresse. L’intelligence assez tactile : le bout des blés. L’herbe coupée.

     Quand il dessine un arbre, les pommes ne sont pas dans le feuillage. Elles n’y tiennent qu’à un fil et se détachent sur le ciel, de côté puis les pieds en l’air. Tous ses arbres sont des couronnes.

     Il est de ceux du pain des anges, il pardonne tout, il rit tout de suite. Et il court à perdre la tête, et tout le reste dans sa course folle, les bras, les coudes, le bout des doigts, et les coins de son sourire qui se prennent à ses oreilles. Il court avec les chiens, et avec les insectes, vers quoi ? vers la lumière. Tout droit dans la lumière.

     Plus tard il sera psychologue, orthophoniste, guitare classique – le boulanger des mal-parlants. Il dira encore il-y-a, il-y-a toujours des solutions, il-y-a un autre point de vue. Il-y-a quelqu’un qui vous attend. Il-y-a une petite place, pour vous, avant neuf heures, si vous voulez. Vous viendriez ?

     Il sera de ceux qui ouvrent les portes, comme il laisse toutes les fenêtres ouvertes, et celle de ton cœur en premier, oui celle de ton cœur avant tout – c’est le garçon à la lucarne, un petit Pierrot en casquette. Qu’y aurait-t-il en grandissant si la vie ne brisait pas ses mains et ne noyait pas ses yeux verts ?

     C’était le garçon aux agneaux. La vie n’aime pas les moineaux. Et c’est comme les ânes chez Chagall, comme le bleu rugueux des miroirs, les vaches sur les toit, les cols blancs autour de personne, et les corps qui s’élèvent lentement. Comme toutes ces choses qu’il ne sait pas – l’enfant posé dans la lumière.

Participants

@regiussaturnus @aimacastel @ileauxleopards @mauxpourdesmots @juste-un-pas-de-cote @iamjustsonow @les-portes-du-sud @curvatio @aymelinechampagne @expliqu-ames @exalok @penseeephemere @harmonuit @mon-corpsmalade @hiyakurai @azalee-sauvage @lesgrandesmains @taeltalks @abeautifulsolis @aimons-nous-pleinement @des-paroles @spleenitescence @cuir-et-bois @petit-atelier-de-poesie @cloud-hoper @elevateen @desmachins @when-my-life-is-a-mess @la-bucolie @havetosavemyself @fastfood-pascool @vincentmuller @manu-la-louve @sucemonabricot  @deviance-nocturnale @hiboufou1811 @ihateyoufuckingbitch @zokheie @eiffel21 @sarahmaelig @cheminer-poesie-cressant  @cultureemoiblog @awonderlvnd @twisted-soul666 @coeurbordeline0 @secicrexe Vianney, Utopia, Anaëlle B. (hors Tumblr) @noctambulbe @coeurbordeline0 @estherkahn

Ça y est ! Demain, lundi 23 juillet, à 10h, les deux premiers sujets de 30jourspourécrire seront publiés sur le blog. Vous pourrez alors choisir celui qui vous inspire le plus et écrire votre texte avant 10h le lendemain matin. Une fois qu’il sera écrit, publiez-le sur votre blog avec le tag #30jourspourécrire (sans oublier l’accent) afin que je puisse le rebloguer, ou envoyez-le moi par Submit

Merci à toutes et tous pour votre participation et pour votre enthousiasme. J’ai hâte de passer les 30 prochains jours à vous lire.

Pour les questions, les remarques, les incompréhensions, les mots d’amour, n’hésitez pas à m’envoyer un message

Clara

Appelle-moi ~ (Jour 22)

« Appelle-moi mon amour, rappelle une fois encore, oh, jurerais-je d‘être fidèle, sempiternelle, et autant que je puisse l’être douce et réelle. Epèle chacune des lettres de mon nom pour m’en rendre mon espoir, et de tes lèvres scelles les miennes, ensorcèles mes soirs, et sur les ailes ; de l’amour prononces les mots d’or et d’ivoire. Telle distance, à attendre en latence éternelle, un signe, une étincelle, pour un visage inoubliable, pour les bruits de diamants brisés, les hirondelles qui s’envolèrent aux éclats de ta voix. Dans cette torture cruelle, aux odeurs de jasmin et de miel, aux courbes de points serrés et de dentelles. Décèle, tous les secrets que recèle mon coeur. Sensuelle, cheveux rebelles, aussi serais-je de celles qui réveillent et révèlent, soulèvent les montagnes pour seulement pouvoir te faire toucher le ciel. Appelle, pour un autre chapitre de “Lui et Elle”, rappelle, pour une nuit nouvelle, appelle-moi pour de nouveaux soleils. »

by Cha

#15. La féminité

C’est Méduse ou Médée, Pénélope ou Pandore,
C’est Olympe et Simone, Anaïs, Virginie,
C’est #balancetonporc et #metoo – moi aussi,
C’est la Sainte-Nitouche et la Marie-D’accord.

Qui que je sois, toujours, c’est une métaphore,
Puisque l’homme est réduit à la métonymie
Du phallus qui me manque à être : avoir envie
De l’objet du Sujet, métamorphe anaphore.

Ô femme en devenir au désir impensable,
Ô femme à revenir au plaisir impossible,
Femme à réinventer, à deviner Chimère,

Femme à se concevoir, fille, épouse ou bien mère,
Femme à se fantasmer, mentir d’incomplétude,
Femme à se penser femme, être de solitude.

© Fabienne Passament. 2018

Comment ça marche ?
  1. Pour participer au défi, contactez-moi par message en me disant que vous vous inscrivez et en m’envoyant 1 (ou plus) sujet(s) d’écriture.
  2. Le sujet d’écriture peut être une phrase, un mot, un contexte précis, un thème, une question, quelques phrases de dialogue… 
  3. Chaque jour, 2 sujets seront sélectionnés et publiés sur le blog. Vous devrez en choisir un parmi les deux proposés, et écrire un texte selon ce qu'il vous inspire.
  4. Une fois le texte achevé, postez-le sur votre propre Tumblr avec le tag #30jourspourécrire pour que je le retrouve, et je le rebloguerai sur cette page. Si vous ne souhaitez pas le poster sur votre page, vous pouvez également me l’envoyer via Submit. 
  5. Vous êtes libres d’écrire ce que vous voulez, c'est un texte de forme libre, sans nombre de lignes imposé.
  6. Il ne s’agit pas d’un concours, mais plutôt d’un petit défi personnel qui vous permettra de mettre en place une habitude en écrivant tous les jours sur un sujet imposé. Et surtout : de vous faire plaisir !

Si vous n’avez pas de compte Tumblr, il est tout de même possible de participer : écrivez-moi à revuelalisiere@gmail.com.

Il y a (Jour 11)

Il y a dans ta voix
Quelque rêve de velours et de soie
Une délicatesse tombe ;
Sur mon cœur
Comme je n’en ai jamais entendue ailleurs

Et dans cette voie lactée ; j’ai juré
Que la terre, la mer, le feu
Se concilièrent pour en chœur entonner
La prière oubliée du chant perdu des cieux

Mon âme enlace tous tes mots

Aussi sur les contours de ta bouche ferai-je,
Du pourtour de mes lèvres,
Dessins de ronds et de ‘o’
Pour qu’entendent rosir au loin
L’aube et le jour
Nos courbés canoniques échos

Il y a dans ta voix

La beauté que ne saura toucher l’artiste
L’or que cherchera en vain le riche homme,
La vérité que jamais ne trouvera le savant
La luxure que n’atteindra en rien l’amant

Laisse-moi l’entendre encore
Mon ivresse
Mon opium préféré

Car il y a dans ta voix colombes et couchers de soleil
Fleurs épanouies et des milliers de poèmes
Bien plus beaux que celui-là.

by Cha

Nuits d’insomnie (Jour 18)

Je n’aime pas me rappeler de ces nuits. Celles ou l’angoisse ronge tellement le ventre qu’on croirait perdre le contrôle de son corps, de son esprit. Les yeux sont pétrifiés, rivés vers le plafond. On en oublierai presque de cligner les paupières. On ne sait presque plus comment faire. La respiration est soit trop rapide soit trop lente, on dirait qu’on étouffe. Les pensées sont tellement nombreuses qu’on ne sait même plus en entendre une seule, tout est mélangé. C’est comme un atroce bruit de fond qui ne vous quitte plus en plus de ce noir qui rend tout beaucoup plus terrifiant. Le calme ne veut pas se montrer. Il n’y a que les ténèbres… et ce qui reste de vous.