1 fanzine par jour

Mousse au lini, par Laurent Santi,
105x148 mms, 12 pages, 2013.
baisetavie.tumblr.com

Combien peut-on imaginer trouver de bonnes raisons de créer, d'écrire ? Il y a en probablement autant qu'il y a d'auteurs, aussi contentons-nous aujourd'hui de saluer l'acte spontané et naturel, l'élan désintéressé et passionné qui aura conduit à la réalisation de ce court petit opus de Laurent Santi, qui revient au passage au support fanzine, pour le plus grand bonheur des amateurs des créations du bonhomme.

Entre deux recueils de poèmes, l'avignonnais propose le temps d'un court exercice l'équilibre parfait entre un journal de bord et un journal intime : les quelques lignes de ce fanzine puent très fort la sincérité ; l'honnêteté préside à chaque mot, et l'on se souvient avec émotion que ce monde manque trop souvent de la simplicité des choses justes.
Tout ça n'est pas si aisé, et n'est pas non plus si courant. L'étalage généralisé du “je”, les tonnes d'encre virtuelle tournant autour du nombril du premier quidam persuadé d'avoir quelque chose de pertinent à écrire (et surtout à partager), l'autocélébration permanente du soi projeté via les réseaux sociaux, et encouragés à grand coups de “likes” : autant de raisons qui éclaircissent un peu la jolie distance mise via cette petite auto-publication. On a l'impression de lire quelque chose qui a été fait pour les bonnes raisons, simplement, et entre trois piles d'horreurs proposées en cette magnifique période de rentrée littéraire, autant dire qu'on en redemande. On sort du vain, le temps de quelques lignes (et ce malgré un titre à la con). C'est déjà ça de pris.

La micro-communauté des amateurs de la plume de Santi en sont persuadés depuis longtemps déjà : ce type, entre deux horribles forfaits sur la toile, est capable du meilleur. Une récente escapade amoureuse lui donne l'occasion de renouer avec cette veine. Il y est question de passion, du lac de Côme, et de générosité.

JJM

Torture Oculaire #9, collectif,
148x210 mms, 28 pages, 2009.

Des chroniques puériles, des strips hystériques, des sujets improbables et un ton aussi rentre-dedans que désinvolte, auxquels viennent se mêler, à l'occasion de ce numéro spécial vacances, différents jeux fort saugrenus…
Voilà bien l'essence d'une forme de fanzinat en tant qu'aventure démarrée comme un passe-temps de lycéen, mais qui voit apparaître à chaque nouveau numéro une forme d'exigence dans son évolution : maquette plus chiadée, qualité d'impression améliorée, fabrication et façonnage de qualité…
La bande de jeunes lycéens bisontins ayant démarré l'aventure Torture Oculaire était bien moins composée de branleurs jenfoutistes que leur accroche ne voulait bien le laisser croire (et c'est là encore une belle constante chez les fanzineux à tendance punk/Z/ etc), à l'image de Dav’s et d'Oncle Val, quelques-unes des locomotives identifiées du projet.

Près de vint numéros en moins de deux ans, dont deux “mégazines”, et leur lot de romans photos improbables et potaches, d'interviews des glorieux aînés (Dav Guedin…), de cadeaux divers et variés (ah, le formidable badge d'Olivier Minne…) : “BDs, Punk Rock, Séries Z et mauvais goût”, nous promettait l'équipe de Torture Oculaire.
Promesse largement tenue ! Vivement la suite…

JJM