.sur les quais

c'est pas facile d'être toujours celle qui reste. vous savez, celle qui a toujours l'air d'une débile à s'accrocher à quelque chose qui est déjà brisé. je suis celle qu'on abandonne sur les quais, sur les ports, et même en plein concert. je suis de celle qui, passe son temps à aimer sans l'être en retour. je suis de celle qui cours après l'amour, mais qui pourtant n'arrivera jamais à l'attraper.

Monsieur Félix Boutreux sur les Quais de Seine (1943). Bernard Boutet de Monvel (French, 1881-1949). Oil on canvas.

Boutet de Monvel painted this intimate portrait of his friend Félix Boutreux, restorer of paintings, illustrator and ceramist. He painted a series of a dozen small formats on the theme of booksellers of the Quai de la Tournelle, Quai Conti or Quai Voltaire. The painter was seduced by the world of old-fashioned works and outdated prints.

Je l'ai rencontrée à la gare. Elle y venait tout les vendredi soir, heure de pointe. Elle s'asseyait sur un banc et elle observait les gens en rêvassant. Elle aimait n'être qu'une personne parmis d'autre. Pas différente, pas bizarre, juste une personne parmis ce monde. Elle m'a dit un truc du genre “ À la gare personne ne se juge. Ils n'ont pas le temps, tout le monde est pressé. C'est des aller et venue d'inconnus que tu ne reverra jamais”. Elle adorait imaginer leurs vies, essayait de trouver un détail qui changerait le cours de l'histoire. J'ai été un de ces personnage de sa fiction imaginaire. Elle était sur un banc sur le quai d'en face. Elle m'a fixé pendant trois bonnes heures sans décoller ses yeux de moi sauf pour regarder le ciel comme si elle avait peur que le jour les rêves s'éteignent. Je suis finalement aller l'aborder. Elle était troublée, presque agacée que je vienne lui parler. J'ai compris ensuite quand elle m'a expliqué qu'elle m'avait imaginé d'une certaine façon et quelle préférait les rêves à la réalité. Qu'elle aurait préférer ne jamais avoir entendu ma voix, qu'elle reste un mystère pour elle. Je ne comprenais pas trop. Elle a rajouté que l'inconnu pouvait faire peur à certain, mais qu'elle, l'inconnu l'attirait, qu'elle ne demandait qu'à découvrir, elle voulait tout voir, qu'elle avait besoin de vivre, de ne pas penser au passé, elle m'était tout son espoir dans le futur. Puis elle à chuchoté, dans un souffle “ malheureusement mes démons intérieur ne sont pas de cet avis”. Puis elle est partit. Et je ne l'ai jamais revu. Je pense souvent à cette petite rêveuse. Elle ne demandait qu'à être heureuse.
Été 2017

J'crois j'vais passer mon été sur les quais, avec un carnet, un stylo, un appareil photo et mes lunettes de soleil.
Ouais.
Puis je veux être dans un état lamentable au moins un soir par semaine. Parce que va falloir profiter avant l'année chargée qui arrive.
Voilà, c'est bien ça, comme projet d'été.

Je voudrais te parler de mes rêves, mes fantaisies, mes étrangetés, le vent dans les feuilles des arbres, les tartes à la rhubarbe, les cadeaux dans la boîte aux lettres, le petit chat noir caché derrière tous les autres qui me ressemble, les chiens plus fidèles que les hommes, les loups avec lesquels j'ai sans doute déjà vécu une vie entière, les couchers de soleil, les danseurs aux corps irréels, les artistes, les créateurs, les autodidactes, les sans-peur, les listes dans les vieux carnets, les carnets abandonnés, les brocantes, les greniers poussiéreux aux mille trésors, les lettres jamais terminées, les randonnées éternelles sous le soleil, sous la pluie, nue dans la mer sous la pluie, nue dans d'autres bras, le bruit des rivières, les matins vides à 5h30, la solitude des pieds nus dans le sable, les histoires de dragons, les chansons françaises et inconnues, les débuts des amours, les cheveux longs, les regards complices, les inconnus qui m'abordent sur les quais de gare, les trains, les voyages au coeur de soi, les hommes au coeur insensé…

Alors voilà c'est ton anniversaire, t'as 18 ans, et tu te mets à pleurer dans le métro parce que tu ne t'appartiens pas, parce que c'est la vie d'une autre, une autre qui n'aurait pas voulu être toi, alors voilà t'as 18 ans et tu suffoques comme une gamine de 18 ans en trench Burberry talons à tes pieds, mais tu te sens toute petite, et Paris tournoie par dessus les vitres, et le monde entier vacille, et tu aimerais danser avec lui, t'oublier le temps d'une incessante valse où les notes lancinantes te donnerait le tempo de ton existence, où le monde jouirait d'une symbiose à l'apothéose pour t'apprendre à jouer ta propre vie au piano, larmoyante et délirante, t'es une gamine de 18 ans, et tu es pathétique, t'es déchirée, t'as encore trop bu, tu pleures en silence et cette femme te regarde, cette femme de la quarantaine te regarde, elle ne te quitte pas des yeux, elle se mord les lèvres, se retient, n'en peut plus, et se met à pleurer à son tour, sans un mot, alors voilà t'as 18 ans et tu fais pleurer des pauvres connes comme toi dans le métro, alors tu quittes la rame violemment en t'oubliant sur un siège, les portes se referment, et tu te rappelles debout sur le quai que tu as laissé ton innocence dans le wagon et qu'à dix huit ans, les petites filles qui chialent deviennent des femmes.
—  27 septembre 2016.

L’accent de la banlieue et les désirs d’une parisienne bien chieuse
Du tabac à rouler dans les boudoirs de la haute bien fringuée
La grande gueule des espagnols et la discrétion du regard sous un linceul
La rage du rap et la douceur d’une Patti Smith
Hippie chique dans un palace de banlieue
Des vauriens qui valent rien pour amis et des fréquentations de rallyes mondains
Le « bon goût » lié à la vulgarité du vulgum pecus,
Fumeuse de pilon, première de la classe même assise au fond
Entre soirées de galériens et bars branchés parisiens
La plume légère à l’écriture pleine de ratures
Brutalité du phrasé allié à la délicatesse des mots
Première à dire « je pars », dernière sur le quai de la gare
La personnalité encombrante au petit cœur souffrant
Sensibilité à fleur de peau retenue par un regard

Douleurs muettes plus présentes qu’les abonnés absents de mon existence

youtu.be
Grand corps malade - Les voyages en train.

J'crois que les histoires d'amour c'est comme les voyages en 
train.
Et quand j'vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un.
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare ?
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard ?

Les trains démarrent souvent au moment où on s'y attend le moins.
Et l'histoire d'amour t'emporte sous l'oeil impuissant des témoins.
Les témoins c'est tes potes qui te disent au-revoir sur le quai.
Et regardent le train s'éloigner avec un sourire inquiet.

Toi aussi tu leur fait signe et t'imagines leurs commentaires.
Certains pensent que tu te plantes et qu’t'as pas les pieds sur terre.
Chacun y va de son pronostic sur la durée du voyage.
Pour la plupart le train va dérailler dès le premier orage.

Le grand amour change forcément ton comportement.
Dès le premier jour faut bien choisir ton compartiment.
Siège couloir ou contre la vitre y faut trouver la bonne place.
Tu choisis quoi ? Une love story d'première ou d'seconde classe ?

Dans les premiers kilomètres tu n'as d'yeux que pour son visage.
Tu calcules pas derrière la fenêtre le défilé des paysages.
Tu t'sens vivant, tu t'sens léger et tu ne vois pas passer l'heure.
T'es tellement bien que t'as presque envie d'embrasser le
contrôleur.

Mais la magie ne dure qu'un temps et ton histoire bat de l'aile.
Toi tu dis qu'tu n'y es pour rien et qu'c'est sa faute à elle.
Le ronronnement du train te saoule et chaque viage t'écoeure.
Faut qu'tu t'lèves, que tu marches, tu vas t'dégourdir le coeur.

Et le train ralentit c'est d'jà la fin d'ton histoire.
En plus t'es comme un con tes potes sont restés à l'autre gare.
Tu dis au r'voir à celle que t'appel'ras désormais ton ex.
Dans son agenda sur ton nom, elle va passer un coup d'tip-ex.

C'est vrai qu'les histoires d'amour c'est comme les voyages en train.
Et quand j'vois tous ces voyageurs parfois j'aim'rais en être un.
Pourquoi tu crois qu'tant d'gens attendent sur le quai d'la gare ?
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en r'tard ?

Pour beaucoup la vie s'résume à essayer d'monter dans l'train.
A connaitre ce qu'est l'amour et s'découvrir plein d'entrain.
Pour beaucoup l'objectif est d'arriver à la bonne heure.
Pour réussir son voyage et avoir accès au bonheur.

Il est facile de prendre un train, encore faut-il prendre le bon.
Moi chui monté dans deux-trois rames mais c'était pas l'bon wagon.
Car les trains sont capricieux et certains son inaccessibles.
Et je n'crois pas tout l'temps qu'avec la sncf c'est possible.

Il y a ceux pour qui les trains sont toujours en grève.
Et leurs histoires d'amour n'existent que dans leurs rêves.
Et y ceux qui foncent dans l'premier train sans faire attention…
Et forcément ils descendront déçus à la prochaine station

Y a celles qui flippent de s'engager parce qu'elles sont trop émotives.
Pour elles c'est trop risqué d’s'accrocher à la locomotive.
Et y a les aventuriers qu'enchainent voyage sur voyage.
Dès qu'une histoire est terminée, ils attaquent une autre page.

Moi après mon seul vai voyage j'ai souffert pendant des mois.
On s'est quittés d'un commun accord mais elle était plus
d'accord que moi.
Depuis j'traine sur le quai, j'regarde les trains au départ.
Y a des portes qui s'ouvrent mais dans une gare j'me sens à part.

Y parait qu'les voyages en train finissent mal en général.
Si pour toi c'est l'cas accroche-toi et garde le moral.

Car une chose est certaine y aura toujours un terminus
Maint'nant tu es prév'nu, la prochaine fois tu prendras
l'bus…


J'aime tellement ce gars ptn.