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Reg'Art

@lyatheo / lyatheo.tumblr.com

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Voici l’horizon entaillé par tant de certitudes la mer fendue en son milieu par tant de rectitude et moi entre deux eaux entre deux sels semée sur des terres vieillies de doutes moi heureuse quand la brume cueille sur ma bouche le tremblement fragile de l’insolence

Florence Noël

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reblogged

       Tombé par hasard sur cette huile de Cécile Desserle…         Impossible de ne pas te la dédicacer tant elle te ressemble !

Elle vient du jaillissement de l’eau des ruisseaux du ciel

de la lumière au bord du jour et de l’encre vive

elle vient de tout ce qui l’inonde et la traverse

des sourires éblouis des baisers impatients

de la pluie bienfaisante qui coule dans les sillons de la terre les plis des peaux et les bouches ouvertes

elle vient des larmes de joie de la tendresse versée

et du reflet dans les flaques d’un monde qui s’apaise.

Patricia Ryckewaert.

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lyatheo

I N C R O Y A B L E .............................. (*)

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Je rends grâce aux oyats sur la dune que les pèlerins de l’été vont piétiner.
A L’arbre sentinelle et à son ombre grêle sur le désert qui gagne. 
Aux herbes asphyxiées sui s’échinent dans le ghetto des fissures.
Au rare bleuet survivant aux génocides des champs.
Au sang des coquelicots, ces réfugiés des terrains vagues.
Aux terrains vagues où la vague résiste sous la houle des graminées.
Après le passage des grandes marées, je rends grâce                                          à ce qui reste.
A la fleur de sel sur le sable mazouté.

Michel Baglin ~ Extrait  “L’Alcool des vents”  /  Photo © Keith Dotson

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Je rends grâce au gros temps qui trempa mes ferveurs de marcheur.
Au crachin des grèves de Bretagne     comme au pin s’égouttant dans un brouillard d’automne. A ces rochers du bout des terres où l’on se risque quand se mêle aux déflagrations d’océan l’orgueil d’être sous les bourrasques                  un vivant qui contemple et qui tient. A cette envie qui me prend alors de me dissoudre sans cesser d’être une proue. A cette ivresse d’écume venue de l’enfance dans les embruns du large                à jamais absorbés avec l’alcool des vents.

Je rends grâce à ces riens qu’on appelle escales qui furent des haltes, des bivouacs, et resteront fragments ... une trainée de poudre, un fil aussi tenu que corde sensible. A cette ivresse qui persiste quand tout déchante et dont je ne connais pas la cause,                         QUI VIENT DE LA MER sans doute, de très loin par le sang, la rime, l’obscur vertige, et que je nomme Alcool des vents,                                                              faute de mieux.

Michel Baglin ~ Extraits “L’Alcool des vents”

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Je vous cache dans ma main, dans l'encre qui chahute ma petite brasse de mots.
Je vous cache dans les empreintes digitales de ma chaleur, dans mes doigts serrés, mes poings serrés, mon bras tendu et les dessins plantés dans ma peau. Je vous cache là où l'air s'enroule en tourbillon pour courir dans mes veines quand je ferme les yeux. Je vous cache dans le petit radeau de peau douce du bout de mon index que je frotte contre le stylo en tâtonnant les mots qui nous rapprocheront. Je vous cache dans ma bouche close, bouteille d'oxygène du voyage. Je vous cache partout où mon regard débusque la tendresse, dans la raie de lumière à travers la vitre du train, la tiédeur des rayons sur le siège, le freluquet nuages là-bas tout au fond du ciel trop grand, la bardée d'oies sauvages, la foule sur le quai, les orteils serrés, un carnet abîmé, un enfant et on sucre, une chanson à la con. Je vous garde bien au chaud,                        je vous cache dedans puis je m'y réfugie. Thomas Vinau  ~ Réfugié