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la bohème galante

@la-boheme-galante

“Et je crois que j'ai assez de force maintenant, je dominerai tout, toutes les souffrances, juste pour me dire, pour me répéter à chaque instant : je suis ! Dans des milliers de souffrances – je suis, je me tords dans la torture – mais je suis ! Je suis enfermé dans un puit, oui, mais enfin j'existe, je vois le soleil, et, si je ne vois pas le soleil, je sais qu'il y a le soleil. Et, le savoir, qu'il y a le soleil – c'est déjà toute la vie.”

— Fiodor Dostoïevski, Les Frères Karamazov 

Margaret Atwood, from “Late Poems”, Dearly

[ Text ID: These are the late poems. / Most poems are late / of course: too late, / like a letter sent by a sailor / that arrives after he’s drowned. ] 

— A Writer's Diary, Virginia Woolf (August 31, 1928)

[text ID: This is the last day of August and like almost all of them of extraordinary beauty. Each day is fine enough and hot enough for sitting out; but also full of wandering clouds; and that fading and rising of the light which so enraptures me in the downs; which I am always comparing to the light beneath an alabaster bowl. The corn is now stood about in rows of three, four or five solid shaped yellow cakes—rich, it seems, with eggs and spice; good to eat. Sometimes I see the cattle galloping "like mad" as Dostoievsky would say, in the brooks. The clouds—if I could describe them I would; one yesterday had flowing hair on it, like the very fine white hair of an old man. At this moment they are white in a leaden sky; but the sun behind the house is making the grass green. I walked to the racecourse today and saw a weasel.]

IT IS AUGUST. MY LIFE IS GOING TO CHANGE. I CAN FEEL IT.

pj harding & noah cyrus / eileen myles /  listy tamtego lata / gillian flynn / raeganspoetry / poetryatmost / william brewer

"August rain: the best of the summer gone, and the new fall not yet born. The odd uneven time."

-Sylvia Plath

Propos d’un entrepreneur de démolitions de Léon Bloy

« C’est bien, la société qui n’a pas de promesses peut maintenant périr tout à fait puisque si lâchement elle y consent et que l’âme l’a si complètement désertée. Je demande seulement qu’il me soit permis de la maudire pour cela et de la renier comme elle a, depuis longtemps, renié mon Dieu et comme elle a voulu que je le reniasse. Je réclame, au nom du bon sens le plus rudimentaire, qu’il me soit accordé de trouver absurde, contradictoire, scandaleusement imbécile, la plus adorée prétention de tous mes chers amis les jeunes gens. Ils veulent faire de l’art et de la beauté littéraire et cependant demeurer modernes par la pensée et par les mœurs, c’est-à-dire en dehors de toutes les conditions intellectuelles et psychologiques sans lesquelles nulle beauté dans l’invention n’est humainement, expérimentalement possible. Ils veulent être sans Dieu et ne pas souffrir. C’est une aussi simple bêtise que cela.

[…]

Quant à la littérature ou plutôt à l’Art, vous verrez si c’est une chose facile quand on n’a pas souffert et qu’on ne veut pas souffrir. On ne change pas la nature des choses et on ne décrète pas que les poètes heureux seront sublimes. La Douleur est l’essence même du beau en poésie et la Poésie est une porphyrogénète née dans la pourpre du sang du cœur des poètes. Que ce sang tombe de leurs yeux en pleurs ou qu’il coule de leurs flancs déchirés, qu’il s’élance des puits les plus cachés et les plus mystérieux de leurs âmes ou qu’il jaillisse des blessures ouvertes de leurs corps mortels, c’est toujours la même rosée fécondante de l’avare génie qui les inspire et qui nourrit leur immortalité.

[…]

Dans toute douleur terrestre, il y a, comme en enfer, la peine du dam et la peine du sens. Le sacrifice unique de la Croix est venu nous délivrer de la première, de la plus terrible des deux, celle qui noie l’espérance. Toute douleur soufferte par un chrétien est dès lors affranchie de cet Indéfini terrifiant, de cet insondable repli de la souffrance qui devait la rendre auparavant si épouvantable et qui la rend telle encore aux yeux des incroyants que, pour ne pas la voir, ils se précipitent à la mort. La doctrine catholique enferme toute la possibilité de la douleur humaine dans les limites infranchissables d’une Douleur divine, absolument et synthétiquement parfaite. Et comme cette Douleur est le résultat d’un mouvement infini de pitié combiné avec le mouvement contraire d’une prodigieuse prévarication — puisqu’il s’agissait d’y remédier sans détruire la liberté de l’homme — il devient évident qu’elle ne pouvait se produire sans défaillance qu’accompagnée de l’enthousiasme perpétuel d’un amour sans bornes. C’est là ce que le langage catholique appelle énergiquement la Folie de la Croix.

[…]

Si la Beauté vous persécute et vous dévore, dévorez à votre tour tout ce qui vous environne, comme un palais incendié qui darde autour de lui ses flèches, ses fleuves, ses nappes de flammes. Persécuté d’en haut, persécutez la création tout entière et fatiguez de vos clameurs le ciel même. »

love is more thicker than forget more thinner than recall more seldom than a wave is wet more frequent than to fail it is most mad and moonly and less it shall unbe than all the sea which only is deeper than the sea love is less always than to win less never than alive less bigger than the least begin less littler than forgive it is most sane and sunly and more it cannot die than all the sky which only is higher than the sky love is more thicker than forget by E.E. Cummings