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Femmes en lutte

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Infos, affiches et photos sur les droits des femmes, petites et grandes.

Partant à la rencontre de ses modèles (la rappeuse Chilla, l’actrice et créatrice de mode Zahia Dehar, l’écrivaine américaine Roxane Gay…) et recueillant les analyses éclairantes d’historiennes et de journalistes (Florence Montreynaud, Leïla Slimani, Bibia Pavard…), Élise Baudouin et Ariel Wizman signent un énergisant tour d’horizon de ce féminisme des temps modernes, insoumis, hédoniste et sexy, sans éluder les controverses qui l’agitent.

Dans ce documentaire à la première personne en forme d’autoportrait, la journaliste engagée se raconte entre interviews, promotion de ses livres et conférences de rédaction de son magazine. Devant la caméra de Sabine Derflinger, Alice Schwarzer s’entretient aussi avec d’anciennes camarades de lutte du MLF (la professeure Anne Zelensky, l’artiste Sonja Hopf) ou des amis de longue date, dont la philosophe Élisabeth Badinter. Ponctuée de riches archives, notamment de ses rencontres avec Simone de Beauvoir, une plongée sensible dans la vie de cette féministe de la première heure.

"Je ne veux pas accepter ce que je ne peux pas changer, mais changer ce que je ne peux pas accepter", martèle Anuna De Wever. Pour les six jeunes femmes intransigeantes, qui unissent leurs forces au sein du mouvement planétaire Youth for Climate, et auxquelles ce documentaire donne la parole, le combat au service du collectif endosse une dimension profondément existentielle. Entre Julia “Butterfly” Hill, bientôt quinquagénaire, et cette jeune génération s’engage un dialogue enthousiasmant, sensible et porteur d’espoir, remède à l’abattement qui guette devant l’ampleur de la tâche à accomplir – mais aussi au harcèlement, aux menaces et à l’autocensure qui touchent tout particulièrement les femmes. Narré par Cécile de France, un hymne écoféministe à la sororité, à la combativité et au lien vibrant qui nous unit à l’ensemble du monde vivant.

Certes, ne pas oublier le nombre de féminicides, mais l'idéal serait tout de même qu'il n'y en ait plus du tout. Nous ne voulons plus compter les mortes. En 2022 (à ce jour en France), 101 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon ou ex. Elles étaient 102 en 2020, 122 en 2021. Des chiffres qui font froid dans le dos.

[𝗖𝗘 𝗤𝗨'𝗢𝗡 𝗡𝗘 𝗩𝗘𝗨𝗧 𝗣𝗟𝗨𝗦 !]

Les 10 commandements du bonheur quotidien, 1937. Tiré du magazine Marie-Claire. La femme doit tout faire pour rendre son mari heureux, le satisfaire quoi ! Et à elle, qui lui fait plaisir ? Bah, personne ! 

Fuck le patriarcat !

Fidèle à son sens de la figuration très personnel, la peintre américaine Alice Neel (1900-1984) a consacré sa vie aux laissés-pour-compte, liant la cause féminine à la question sociale. Retour sur le parcours d'une artiste "collectionneuse d’âmes", farouchement indépendante et devenue une icône féministe.

Des marginaux, des déclassés, des malades mentaux, des Portoricains dans la misère... : Alice Neel (1900-1984) a donné un visage à ceux que l’Amérique ne voulait pas voir. Celle qui déclarait avoir "toujours aimé les perdants, en politique comme dans la vie" n’a cessé dans ses portraits intenses de refléter une réalité crue, sans fard, à l’opposé des avant-gardes plus abstraites. La peintre américaine, qui se voyait comme une "collectionneuse d’âmes", explorait autant la psyché de ses modèles que les profondeurs de l'être humain. Dans un style brut et authentique, elle a aussi produit des nus aux corps disgracieux, des tableaux de femmes enceintes ou victimes de violences conjugales. Une façon de remettre en jeu les codes de la représentation féminine. Indépendante, dotée d’un caractère bien trempé, Alice Neel fut une des premières artistes à lier, à travers ses œuvres, luttes des sexes, des classes et question des origines. Aujourd’hui icône du féminisme et modèle d’engagement, elle inspire plus que jamais les nouvelles générations de femmes peintres, comme la New-Yorkaise Aliza Nisenbaum, qui assure : "C'est justement aujourd'hui que nous pouvons apprendre de son humanisme et de son honnêteté émotionnelle."

Au Ghana émerge une nouvelle génération de femmes qui débordent de projets pour écrire l'avenir du continent africain. Elles ont étudié à l'étranger avant de revenir travailler dans leur pays en tant que cadres, designers ou entrepreneuses. Parmi elles, Ama Boamah gère la toute première entreprise de jus de fruits bio à Accra, capitale en pleine expansion du Ghana.

Dans sa vie privée, cette jeune trentenaire a aussi suivi une voie peu conventionnelle en s’émancipant des diktats familiaux. GEO Reportage a accompagné Ama et ses amies dans leur quotidien trépidant, ponctué par une fête sur les toits d’Accra.

Les origines du patriarcat remonteraient à la sédentarisation. Car le mode de vie des chasseurs-cueilleurs aurait jusque-là assuré un fonctionnement relativement égalitaire entre les sexes, la chasse, attribut des hommes, et la cueillette, dévolue aux femmes, étant alors complémentaires pour la survie de l'espèce. Le patriarcat est-il lié à la culture ou à la biologie ? Comment l'oppression d'un sexe par l'autre s'est-elle installée ? Pourquoi les femmes ont-elles subi si longtemps ce violent rapport de force ? Et leur libération par l'égalité des droits dans le monde du travail ne cacherait-elle pas un nouveau levier pour plus d'exploitation ? En interrogeant des anthropologues, des entrepreneurs, des psychologues et des économistes et en comparant avec d'autres exemples du règne animal, cet épisode cherche à savoir si l'égalité est réellement en marche.

Hayman Seleg Mendelssohn - Portrait de Cécile Chaminade au piano, 1890.

Paris, 1870. En cette paisible fin d'après-midi, le compositeur Georges Bizet est tranquillement installé dans le salon de ses amis, les Chaminade. Soudain, la fille de la famille, Cécile, s'installe au piano et se met à jouer. Bizet est sous le choc. Quel talent ! Le compositeur décide de l'encourager à intégrer le Conservatoire, mais se heurte à un obstacle de taille : le père de la jeune Cécile qui destine sa fille à la très conventionnelle carrière d’épouse et de mère. Georges Bizet obtient néanmoins que Cécile suive des cours privés avec les professeurs du Conservatoire. La jeune musicienne y prend goût. Elle profite d’une absence de son père pour donner son premier concert public, alors qu’elle n’a que dix-huit ans. Comme Bizet, ses contemporains sont subjugués par son talent. Au grand dam de son père, la carrière de Cécile Chaminade est lancée. Déjà brillante pianiste, elle se prend de passion pour la composition. Des mélodies à la musique de chambre ou d'orchestre en passant par des pièces vocales, rien de l'arrête. Elle produit plus de 400 œuvres ! Lorsque son père décède, Cécile Chaminade plie bagage et part conquérir le monde. De l'Angleterre à la Turquie, elle fait salle comble. Les grands de ce monde se l'arrachent : le président américain invite la musicienne à déjeuner et Victoria, la reine d'Angleterre, la reçoit régulièrement dans son château. Georges Bizet a bien fait d'y croire : celle qu'il surnommait « mon petit Mozart » est devenue une star. Quand la guerre éclate, à cinquante-sept ans, elle accepte de prendre la direction d'un hôpital londonien, abandonnant complètement la musique. Après la guerre, elle ne se produit plus en public, mais compose encore de loin en loin. « Épuisée par des courses incessantes, décalcifiée par les excès d'un régime alimentaire végétarien mal conçu, elle doit être amputée d'un pied en 1936. » Elle se retire du monde à Monte-Carlo, où elle meurt, presque oubliée, le 13 avril 1944. Cécile Chaminade est décorée de l'ordre national de la Légion d'honneur avec le grade de chevalier, le 14 juillet 1913. Elle est la première musicienne à recevoir cette distinction.