Je suis née pour hurler, je me taisais toute l'année. Le soir je retrouvais ma tasse de café, je la brisais. Je posais ma joue sur mon épaule, je cherchais un peu de rose sous mes paupières. Mais c'était encore le même noir : le noir avare de la serge de laine. Je ne pleurais pas. Mes larmes demeuraient sous mes paupières avec la cendre froide. J'étais seule, je n'espérais plus, je ne dormais plus, je diminuais comme un cierge allumé.
Violette Leduc, Ravages (via esplumeor)





