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Albad ex Algood

@albad

Margaret Ethridge Knight (14 février 1838 - 12 octobre 1914) était une inventrice américaine, aujourd’hui considérée comme la « femme inventrice la plus célèbre du XIXe siècle. » Née à York dans l’Etat du Maine, elle va à l’école jusqu’à l’âge de 12 ans puis travaille dans une fabrique de coton. À 12 ans, elle est témoin d’un accident à l’usine : un employé est poignardé par une navette à pointe d’acier sortie d’un métier à tisser mécanique. En quelques semaines, elle met au point un dispositif de sécurité pour le métier à tisser, qui aurait ensuite été adopté par d’autres usines des environs. Le dispositif n’a jamais été breveté et sa nature exacte est inconnue. Des problèmes de santé empêchent Margaret de poursuivre son travail à la filature de coton. Jusqu'à la vingtaine, elle occupe plusieurs emplois, notamment dans la réparation de maisons, la photographie de daguerréotype, la gravure et la tapisserie d’ameublement. À l’âge de 30 ans, employée à la Columbia Paper Bag Company, elle a l’idée d’une machine qui plie et colle du papier pour former un sac en papier souple à fond plat similaire à ceux utilisés de nos jours. Elle fabrique un modèle en bois de la machine mais elle a besoin d’un prototype en métal pour faire breveter son invention. Elle confie la réalisation du prototype en métal à un atelier mais les plans du prototype lui sont volés par un dénommé Charles Annan, qui travaille dans l’atelier. Celui-ci s’empresse de déposer une demande de brevet de la machine, à son propre nom. Lorsqu’elle l’apprend au moment de déposer elle-même une demande de brevet, elle ne laisse pas passer cette injustice et engage en 1870 une action judiciaire pour récupérer la propriété de la demande de brevet déposée. Elle obtient gain de cause et la propriété du brevet lui est finalement transférée. Elle fonde ensuite la Eastern Paper Bag Co. en association avec un homme d’affaires du Massachussetts pour exploiter ce brevet et commence alors à percevoir des revenus de son invention. Margaret créera d’autres d’inventions tout au long de sa vie qui donneront lieu à brevets et vivra des revenus de cession ou licence d’exploitation de ces brevets. Elle est également à l’origine d’un bouclier de robe et de jupe en 1883, d’un fermoir pour robes en 1884 et d’une broche de cuisine en 1885. Puis elle conçoit dans les années 1880-1890 plusieurs machines pour la coupe de matériaux utilisés dans la fabrication de chaussures qui sont protégées par six brevets. En 1894, elle dépose deux brevets, l’un pour une machine à numéroter et l’autre pour un cadre et un châssis de fenêtre. Au début des années 1900, elle développe plusieurs éléments de moteurs rotatifs. Finalement, elle obtient au moins 27 brevets, qui s’ajoutent à d’autres inventions qu’elle n’a pas cherché à protéger. Margaret ne se marie pas et meurt le 12 octobre 1914 à l’âge de 76 ans. Une plaque lui reconnaissant le titre de « première femme à avoir breveté aux États-Unis » et mentionnant ses 87 brevets se trouve sur le Curry Cottage, au 287 Hollis St à Framingham, Massachussetts. En réalité, la première est Hannah Wilkinson Slater en 1793. Cependant, ce titre est probablement la reconnaissance de la grande quantité d’idées transformées en brevets auxquels cette femme a donné naissance et à son imagination pratique. M.E. Knight a été admise au National Inventors Hall of Fame en 2006.

En 1900, Clara Immerwahr (1870-1915) est la première allemande à obtenir un doctorat de chimie. À l’occasion de la soutenance de sa thèse sur la solubilité de différents sels, elle fait le serment de “ne jamais agir de manière contraire à mes convictions, de poursuivre la vérité et de faire avancer la dignité de la science aux sommets qu’elle mérite.” En 1901, elle épouse son camarade d'étude Fritz Haber, persuadée de mener avec lui une carrière scientifique en duo. Grosse désillusion ! Haber est centré sur lui-même et estime que la place d'une femme est à la maison. Clara s'efface, prenant en charge l'éducation de leur fils, Hermann, mais elle déplore son rôle de subalterne et les disputes sont nombreuses dans le couple. Quand la Première Guerre mondiale éclate, Fritz, grand patriote, déploie son talent au service de l'élaboration d'armes chimiques. Pour Clara, pacifiste et humaniste, c'est une “perversion des idéaux scientifiques” et “un signe de barbarie compromettant la chimie, une discipline ayant pour mission d'élucider les différents aspects de la vie.” Elle tente vainement d'arrêter les travaux de son mari qui lui reproche en retour ses interventions pacifistes, les qualifiant de “traitrises à la Patrie”. Le 22 avril 1915, Fritz Haber supervise la première attaque aux gaz toxiques de l'Histoire. Plus de 5000 soldats sont tués à Ypres (Belgique) par les nuages de chlore. De retour du front, il est fêté en héros et promu capitaine. Le soir du 1er mai 1915, Clara s’assoit à son bureau pour écrire des lettres d’adieu à sa famille et à ses amis. Plus tard dans la nuit, elle prend le revolver de service de son mari, descend dans le jardin et se tire une balle dans le cœur, faisant d'elle une victime de plus de la bataille d'Ypres. Le lendemain, faisant fi du suicide de sa femme, Haber part sur le Front de l'est mettre en place une attaque chimique contre les russes. Au sortir de la guerre, Fritz Haber est brièvement accusé de crimes de guerre, mais reçoit cependant le Prix Nobel de chimie, avec Carl Bosch, pour ses travaux sur l'ammoniac. Ce prix fut vivement critiqué, Ernest Rutherford, lui-même prix Nobel de chimie en 1908, considéré comme le père de la physique nucléaire, refusa de lui serrer la main lors de la cérémonie de remise de prix. Clara, quant à elle, est restée fidèle à son nom, Immerwahr, qui signifie “toujours juste”. En 2012, la Technischen Universität de Berlin crée un prix Clara Immerwahr,  récompensant des recherches sur la catalyse.

Inscription de Guy Debord, rue de Seine, Paris, 1953.

Guy Debord (1931 - 1994) : écrivain, poète, cinéaste et révolutionnaire français. En 1953, Debord trace à la craie sur un mur de la Rue de Seine l'inscription « Ne travaillez jamais », marquant ainsi son rejet du salariat qu'il maintiendra tout au long de sa vie. Ce slogan repris par les émeutiers réapparaîtra au moment des événements de Mai 68.

Otto Griebel - L’Internationale, 1928-30.

“L’Internationale” est une  huile sur toile datée de 1928-30 de 129 x 189 cm qui représente des hommes et des femmes (genre 2, il faut les trouver) de différentes nationalités en train de chanter le chant révolutionnaire du même nom. Son auteur, l’artiste allemand Otto Griebel (1895-1972), est membre actif du parti communiste allemand (KPD) depuis 1919 et appartient au groupe des « réalistes prolétariens », une des expressions de la peinture allemande de la « nouvelle objectivité » (qui désigne aussi la nouvelle architecture ou la littérature en vogue) dont le but est le règne des faits. C’est donc un des principaux représentants du néoréalisme qui dénonce les inégalités sociales dans l’Allemagne de la République de Weimar où se développement intensément les arts et l’engagement des artistes et où s’affrontent socialistes et communistes. En 1933, Otto Griebel est arrêté par la Gestapo et ses peintures sont déclarées contraire aux normes de l’art officiel nazi et considérées comme art dégénéré. La plus grande partie de son travail est détruit en février 1945, lors d’un raid aérien allié sur Dresde.