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#2 Les combustibles d'A. Nothomb.

♀ Tout le monde connait Amélie Nothomb, surtout avec le film qui est sorti sur un de ses romans, Stupeur et tremblements. Malheureusement, c’est son roman le moins caractéristique de son écriture et de son grain d’originalité, et c’est pourquoi les gens ont souvent une fausse idée du travail d’Amélie Nothomb.

Et c’est pourquoi je choisis Les combustibles parmi ses différents livres. D’une part c’est une pièce de théâtre, très courte, accessible à tout le monde qui parle de livre. Et j’adore les livres qui parle de livres. Sauf qu’ici, c’est un livre un peu anti, ou nanti. Il s’agit d’un dilemme de littéraires, car personne d’autre ne peut comprendre ça: quels livres sauver en cas d’urgence? 

C’est un peu ça le thème, le thème de se servir des livres comme combustibles. Ce débat est déployé tout au long du livre, dans une sorte de mutilation volontaire (ou non) de son oxygène, de sa liberté. Bref, voici un livre qui témoigne du génie de Nothomb, et de son intérêt (bien que je trouve ses nouveaux livres beaucoup moins “fous”). 

Bonne lecture, ou plutôt bonne combustion?

La fille.

      Votre avis sur le livre.                           Soumettre une idée.

“Ne dites pas trop de mal de vous-même : on vous croirait.”

—Stupeur et Tremblements, Amélie Nothomb

“Moi, quand j'étais petite, je voulais devenir Dieu. Le Dieu des chrétiens avec un grand D. Vers l'âge de 5 ans, j'ai compris que mon ambition était irréalisable. Alors, j'ai mis un peu d'eau dans mon vin et j'ai décidé de devenir le Christ. J'imaginais ma mort sur la croix devant l'humanité entière. A l'âge de 7 ans, j'ai pris conscience que cela ne m'arriverait pas. J'ai résolu, plus modestement, de devenir martyre. When I was small, I wanted to become God. The God of christians with a capital G. Near the age of 5, I understood that my ambition was unrealistic. Then I mixed a little water in my wine and I decided to become Christ. I imagined my death on the cross in front of the whole of humanity. At the age of 7, I realised that that would not happen to me. I decided, more modestly, on becoming a martyr.”

—Stupeur et Tremblements, Amélie Nothomb

“N'espère pas jouir, car ton plaisir t'anéantirait. N'espère pas être amoureuse, car tu n'en vaux pas la peine : ceux qui t'aimeraient t'aimeraient pour tes mirages, jamais pour ta vérité. N'espère pas que la vie t'apporte quoi que ce soit, car chaque année qui passera t'enlèvera quelque chose. N'espère pas même une chose aussi simple que le calme, car tu n'as aucune raison d'être tranquille. En vérité, il vaut mieux éviter la volupté parce qu'elle fait transpirer. Il n'y a pas plus honteux que la sueur. Si tu manges à grandes bouchées ton bol de nouilles brûlantes, si tu te livres à la rage du sexe, si tu passes ton hiver à somnoler près du poêle, tu sueras. Et plus personne ne doutera de ta vulgarité. Entre le suicide et la transpiration, n'hésite pas. Verser son sang est aussi admirable que verser sa sueur est innommable. Si tu te donnes la mort, tu ne transpireras plus jamais et ton angoisse sera finie pour l'éternité.”

—Amélie Nothomb, Stupeur et Tremblements.

“Et fine comme vous l'êtes, pouvez-vous douter qu'il y aie, dans cette entreprise, non, sur cette planète, quelqu'un qui vous estime, qui vous admire et subisse votre empire à un degré comparable au mien?”

—Stupeur et Tramblements. A.N.

Stupeur et Tremblements

Récit autobiographique de James Parkinson

Dans “Stupeur et tremblements”, James Parkinson revient sur son parcours hors du commun de chorégraphe avant-gardiste.

En plein coeur de l’Angleterre du XIXé siècle, portée par la révolution industrielle et ses mutations sociétales, Parkinson découvre dans les bas-fonds de Londres l’existence d’une troupe de danseurs itinérants au déhanché sulfureux et syncopé. Fort de cette rencontre, il va peu à peu s’initier à leur étrange gestuelle et tenter d’imposer cette nouvelle danse dans les salons bourgeois.

Bravant le scandale et l’effarement, il organise les premières “battles” de danse telles que nous les connaissons. Les participants, s’affrontant chacun leur tour, réalisent les figures les plus spectaculaires, non sans provoquer l’émoi dans l’assistance.

Parkinson relate également le sacre d’un de ses plus grands champions : Sir Guy B.Threepwood. Il réussit en 1932 le combo parfait en enchaînant une heure durant spasmes névrotiques et convulsions millimétrées, le tout ponctué d’effets visuels et sonores (projection de bave, regards furibonds et sons gutturaux).
La foule en liesse le canonisa sur le champ, et commémora son enchaînement en le reprenant régulièrement, sous le nom de “Danse de Saint Guy”.

Le sacre de Parkinson intervint quand la reine Victoria (née duchesse de Beckham) s’adonna à cette danse lors d’une réunion du Commonwealth, sous les regards médusés des ambassadeurs. Le mouvement fut alors repris par tous, y compris par les serveurs qui, en mélangeant involontairement le contenu des rafraîchissements servis, inventèrent sans le savoir les premiers cocktails.

Parkinson livre pêle-mêle et sans effets de manche (mais on vous le concède, de manière parfois décousue), les anecdotes qui émaillent sa remuante histoire. On saluera plus particulièrement la volonté de l’auteur de toujours replacer son récit dans un contexte historique et géo-politique au bord de la rupture.

De “shocking” à “shaking”, l’héritage de Parkinson se trouve désormais dans le smurf, le crump, le booty-shake et Michael J. Fox.

L’oeuvre originale

Tu as faim ? Mange à peine, car tu dois rester mince. Non pas pour le plaisir de voir les gens se retourner sur ta silhouette dans la rue, ils ne le feront pas, mais parce qu’il est honteux d’avoir des rondeurs.

Amélie NOTHOMB, Stupeur et tremblements

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