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Sign up“My spirit is full of freckles and salt. I spent my Sunday at the sea, cutting water with my arms and legs like scissors. In the late afternoon, I sat on a porous spongy searock while the sun was setting in a tender orange. When I was a child I used to imagine that rock was a piece that has fallen from the moon for the similar rounded holes looking like craters, filled with salted water and algae. In the middle of the rock there is a gap, a big hole, where the sea enters crushing with the waves pumping the gap with a fiery splash. I loved feeling that splash sprinkling my face, chest, shoulders and thighs. I have spent endless hours there gazing at the sea all around me and at that gap in the searock, throughout my years. I used to picture that gap like a beating heart, the sea's beating heart. ”
—Rima DadenjiDans Sables mouvants je parle à plusieurs reprises de la mort, de l’évaporation, du nuage, de l’air chaud.
J’ai lu ce billet, et en lisant ces lignes « Nous creusons une tombe dans les airs là on n’est pas à l’étroit », les larmes sont montées, comme s’il y avait une réserve secrète d’eau salée dans mes entrailles, une nappe phréatique de mémoire silencieuse, celle qui lit* ma propre histoire et celle d’autres avant moi.
Je n’ai jamais lu Paul Celan, mais ces mots me traversent et je sais d’où ils viennent.
Il y a une chose que je ne sais pas. Faut-il l’exprimer ? L’écrire, l’expliciter, le donner à voir ou à lire ? J’ai écrit Sables Mouvants parce qu’une amie m’a intimé d’écrire. Ce que je ne pouvais dire à personne, je l’ai écrit, je me le suis dit à moi-même et m’en suis “débarrassé”.
Ici, c’est plus complexe, parce que ça m’oblige à parler d’autres personnes. Et j’ai toujours peur de l’impudeur.
* je voulais écrire “lie”, mais le lapsus est plus beau.