L'aube

Nature indulgente s’éclaire au matin.
Les arbres, les figures, haut le ciel
Se relèvent en chantant leur vérité :
Cette joie, cette joie dure à cuire au réveil.
Ma place parmi l’univers tombe sous la poursuite
Et je déploie en riant mes draps comme les rideaux.
Mes pieds respirent des plantes le souffle du noyau.
Du spectacle m’attend devant des yeux qui m’aiment.
Dehors, il fait toujours envie. Il tourne des étoiles
Dans le monde en travaux d’où s’envolent les rêves.
Je n’ai pas foi en dieu, les questions font pitié
Et le jour monte en moi, fable de sang, refrain des airs.
Je vais parmi la profusion des milliards de matières,
Je vais me balader dans les cheveux du temps ;
L’amour pour les insectes et pour les rayons jaunes
Qui pleuvent de la voûte chatouille mes viscères.
Que l’on est bien sur terre dans notre essor de peau,
Aucun geste ne finit, la poussière au soleil
Et les brumes pâles sur l’herbe sculptent des visages
Que je rencontrerai bientôt, qui deviendront mes frères.

Ce texte est la propriété de Fred 17. Tous droits réservés ©

La colonne (pour Jean-Baptiste Garnaud)

J’ai rencontré un oiseau qui parlait notre langue.

C’en était une autre pourtant bien qu’elle lui ressemblât,

mais je comprenais sous les mots.

Je l’avais vu passé dans les rues ;

il avait comme le visage du vent,

apparaissant dans une traînée :

un fantôme ou une rafale ?

Il m’avait ravi puisqu’il existait.

Quand nous nous approchâmes, j’ai dû lui sourire

et il m’a raconté :

 “J’étais un enfant presque vieux.

Il fallait faire très attention à moi.

Je voyais déjà le monde d’en haut,

toutes les formes qui le traversent,

et je me voyais moi.

Il m’arrivait d’entendre de longs vents glacés

gémir non loin de la maison.

Lorsque je m’en suis plaint, l’été m’a contredit.

On ne m’a pas cru.

J’avais cet immense besoin des gens,

et je l’ai nommé amour.

Du milieu du ciel, j’observais

la circulation des autres,

et les mailles infinies que tissent leurs chemins.

Mais une fois descendu de ma colonne,

le prix de cette beauté se comptait en solitudes.

Alors je suis parti

où personne

ne me demanderait de ne plus être moi.”

Fred 17 Tous droits réservés ©

“Le silence est d'or mais parfois il est lâche. Corrompu et coupable, complice de ce qu'il cache. Quand la justice est muette aveuglée de lâcheté, le désespoir guète et le pire peut arriver. ”

—Kery James

“I was in the winter of my life, and the men I met along the road were my only summer. At night I fell asleep with visions of myself dancing and laughing and crying with them. Three years down the line of being on an endless world tour and my memories of them were the only things that sustained me, and my only real happy times. I was a singer, not a very popular one, who once had dreams of becoming a beautiful poet, but upon an unfortunate series of events, saw those dreams dashed and divided like a million stars in the night sky that I wished on over and over again, sparkling and broken. But I didn’t really mind because I knew that it takes getting everything you ever wanted and then losing it to know what true freedom is. When the people I used to know found out what I had been doing, how I had been living, they asked me why. But there’s no use in talking to people who have a home, they have no idea what it’s like to seek safety in other people, for home to be wherever you lie your head. I was always an unusual girl. My mother told me I had a chameleon soul. No moral compass pointing due north, no fixed personality. Just an inner indecisiveness that was as wide and as wavering as the ocean. And if I said that I didn’t plan for it to turn out this way, I’d be lying because I was born to be the other woman. I belonged to no one who belonged to everyone, who had nothing, who wanted everything with a fire for every experience and an obsession for freedom that terrified me to the point that I couldn’t even talk about, and pushed me to a nomadic point of madness that both dazzled and dizzied me. Every night I used to pray that I’d find my people and finally I did, on the open road. We had nothing to lose, nothing to gain, nothing we desired anymore except to make our lives a work of art. Live fast, die young. Be wild and have fun. I believe in the country America used to be. I believe in the person I want to become. I believe in the freedom of the open road. And my motto is the same as ever. I believe in the kindness of strangers. And when I’m at war with myself, I ride. I just ride. Who are you? Are you in touch with all of your darkest fantasies? Have you created a life for yourself where you’re free to experience them? I have. I am fucking crazy but I am free." ”

—Lana Del Rey

“« Il est grand temps de rallumer les étoiles. »”

—Guillaume Apollinaire

“Se déclarer poète, c'est un peu comme dire "je me branle et, en plus, je garde les Kleenex dans des bocaux à la cave".”

—Michel Houellebecq
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