Le point final de la vie.

Photo : Ludivine Villancher
Mourir. Ce verbe si simple mais si profond à la fois. Si soulageant pour l’un, si douloureux pour l’autre. Pour l’un, mourir c’est sortir d’un enfer trop longtemps soutenu, une douleur devenue trop insupportable, d’un quotidien trop dur à supporter. Pour l’autre, mourir c’est gâcher son peu de temps de vie, c’est décevoir notre entourage, c’est rendre triste ceux pour qui on avait juré tout faire.
Mais mourir n’est pas immortel. On meurt tous, on connaît tous le passage terrible d’une personne basculant de la vie à la mort en un seul instant.
Le verbe mourir peut bouleverser toute une vie. Le verbe mourir peut faire pleurer des dizaines, des milliers, des millions de gens. Le verbe mourir peut amener à la solitude.
Mais finalement, qu’est-ce que la mort? Est-ce seulement la solitude? L’impression d’être seul face à la mort? Parce que oui, une fois mort, on ne peut être lié à personne, on se retrouve aussi seul que l’on a pu l’être lorsque l’on s’est imaginé nos funérailles.
© Déborah T.
Mourir
Mihai EdrischMihai Edrisch / Mourir
Il faut que j’emporte son image à jamais, afin ne pas oublier pourquoi je suis ici.
Le premier jour du reste de ta vie...

La nuit, certains font des folies de leurs corps pendant que d’autres dorment, et enfin, il reste ceux qui réfléchissent…
Pour ma part, ces derniers temps, j’ai beaucoup réfléchi …
Mais cette fois, ma réflexion s’est basée sur une question très bête. Je me suis demandé si je venais à mourir demain, et en le sachant, qu’est ce qu’il se passerait dans ma tête ? Quels seraient mes derniers actes, mes dernières paroles ? Vers qui et quoi se dirigeraient mes dernières pensées ?
Et quelque part, il en est sorti une espèce d’évidence, le genre de choses que l’on sait mais dont on évite de se poser la question, tellement ça semble, justement, évident…
On suppose trop souvent que les gens qu’on aime le savent, alors on se tait, on ne leur dit pas, on ne cherche peut-être même pas à leur faire comprendre.
Mais on ne dit pas assez aux gens qu’on aime qu’on les aime, et parfois il arrive qu’on parte sans qu’ils en soient sûrs, ou inversement.
C’est triste de s’en apercevoir qu’une fois qu’il est trop tard et que nos paroles et nos actes ne peuvent plus avoir aucune portée sur la personne concernée. Que ce soient nos parents, nos amis, en amour… Il suffit parfois juste d’être là, d’agir pour leur bien, c’est sûr, mais savoir dire qu’on tient à eux, même si c’est possible qu’ils le savent déjà, ça les conforte dans cette idée, et leur fait autant de bien à entendre qu’à nous à le dire.
Ces mots ne doivent pas n’être que des paroles en l’air, ils ne se disent pas pour faire plaisir et avoir la paix ; ils se ressentent, se transmettent, se partagent, se vivent.
Si je devais mourir demain, je sais exactement ce que je ferais, ce que je dirais, à qui je le dirais… Ce qui m’en empêche à l’heure actuelle ? C’est qu’il soit possible que malgré tout je sois encore là le surlendemain…et devoir faire à ces élans qui resteraient difficiles à assumer.
Oui, c’est bien beau de le dire, mais c’est d’autant plus dur de le faire… Pourtant je sais que ça ne coute rien, mais que d’autre part ça nous coute énormément…
Après tout, demain ne serait que le premier jour du reste de notre vie… qu’on espère aussi longue que possible, chargée de lendemains et de surlendemains… Mais si aujourd’hui était le dernier jour…
« Et si on avait jusqu’à demain pour vivre tout ce qu’on a rêvé, si on devait mourir demain, Moi je t’aimerai »…
Et vous ?