Si un hétérocis promet de ne pas exercer d’oppression violente et manifeste, c’est souvent dans l’attente inavouée d’une loyauté de la part de la minorité LGBT+.

Pour trop d’individus en position de privilège, la tolérance n’est pas un comportement entendu pour mériter leur humanité et vivre sur un pied d’égalités avec les être qu’ils côtoient en société. La tolérance est un cadeau qu’ils donnent avec parcimonie aux LGBT+ dans l’attente d’un profit éventuel. Ces personnes abusives se ferment volontairement les yeux sur le rapport de dépendance des minorités, dont les possibilités, la santé physique et mentale dépendent de leur acceptation par les proches.

Un hétérocis abusif pourrait dire “je ne comprend pas comment cette personne homosexuelle peut être en désaccord sur un de mes choix, alors que j’ai si bien accepté son orientation sexuelle marginale”. L’hypocrisie est palpable. L’individu reconnaît l’ampleur des dommages qu’aurait une stigmatisation de l’homosexualité, mais elle considère simultanément sa tolérance comme un cadeau désintéressé. La tolérance n’est pas une faveur qui est donnée, c’est une condition au bien-être des LGBT+. On ne devient pas une bonne personne uniquement en tolérant les LGBT+, mais on est un agresseur en refusant de le faire.

Malgré cette réalité si accessible pour les proches de LGBT+ qui peuvent être facilement témoins des conséquences de l’oppression, ils continuent d’évaluer leur bonté d’âme avec des critères ridiculement bas, comme si de ne pas agresser quelqu’un était suffisant pour gagner le statut de bienfaiteur, tout en jaugeant les LGBT+ avec des standards impossibles à satisfaire. “Puisque vous homosexuels avez été si maltraités dans les derniers siècles, tu devrais être plus sensible à la douleur et devenir végétarien”, c’est ce qu’une hétérocis m’a déjà dit. Comme si je devais devenir végétarien non pas du fait de ma sensibilité au sort des animaux, mais uniquement à cause du fait que je suis attiré par les individus du même genre.

Combien de convictions, de valeurs et de causes devions-nous nous porter garant uniquement parce que nous sommes LGBT+. Est-ce que notre voix importe encore, quand nos proches sont prêt à réduire au silence toute dissidence de notre part, sous prétexte qu’ils nous tolèrent, qu’ils ont choisi à quelque part dans le passé de ne pas nous agresser aussi violemment qu’ils auraient voulu.

Ces hétéroscis si fiers d’être tolérant devraient se sentir honteux. Honteux d’uniquement tolérer un individu qu’ils sont supposé aimer et qui est dans une position de fragilité par rapport à eux. Ils devraient se sentir honteux d’avoir réprimé un mouvement de dégoût en apprenant l’orientation sexuelle du proche, parce que cette émotion de dégoût existait chez eux à priori.

Si d’avoir toléré appelait automatiquement à la miséricorde, ce devrait plutôt être celle des LGBT+. Ces individus qui ont exposé leur faiblesse et qui sont passez par dessus l’affront des proches qui ont osé mettre leur humanité sur la ligne du risque. Ce sont les hétérocis ayant plaçé les LGBT+ sur la balance de leur préjugés et de leur faiblesse qui ont une dette envers eux, pas le contraire.
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PETITION - LE GRAND JOUR Lutte contre l’exclusion scolaire des enfants autistes   L’ÉCOLE POUR TOUS, SAUF POUR LES ENFANTS AUTISTES ! L’école…

L’exclusion et la discrimination est fondée sur l’intolérance et le refus de la différence. Mais ne pas subir l’un ou l’autre est un droit fondamental.

"La tolérance n’est pas une position contemplative, dispensant les indulgences à ce qui fut ou à ce qui est. C’est une attitude dynamique, qui consiste à prévoir, à comprendre et à promouvoir ce qui veut être. La diversité des cultures humaines est derrière nous, autour de nous et devant nous. La seule exigence que nous puissions faire valoir à son endroit (créatrice pour chaque individu des devoirs correspondants) est qu’elle se réalise sous des formes dont chacune soit une contribution à la plus grande générosité des autres."

Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, 1952

Dimanche 11 septembre 2011: Regards sur le racisme, le communautarisme et l’intégration

Dimanche 11 septembre, 08.30 - France 2 - Sagesses bouddhistes

Regards sur le racisme, le communautarisme et l’intégration

Invité : Olivier Raurich

Quelques réflexions concernant la position du bouddhisme à l’égard des préjugés raciaux, du communautarisme et de la discrimination.

Réalisation : Claude Darmon 
Présentation : Aurélie Godefroy

Vidéo :  http://www.dailymotion.com/video/xl0w89_sagesses-bouddhistes-regards-sur-le-racisme-le-communautarisme-et-l-integration_webcam

A moi même.

Je suis une personne bourrée de principes.
Je les fonde et les suit. 
Et quand vient un moment crucial, je suis toujours partagée entre
être fidèle à moi même en suivant mes principes
ou laisser la vie m’en imposer de nouveaux.

Le premier de mes principes est surement la tolérance alors.

La tolérance et la philosophie.

      Vous aurez peut être remarqué que la philosophie, de l’acception moderne que l’on veuille lui donner ( que nous ne manquerions pas à contredire), saurait être traduite par l’amour de la sagesse, c’est à dire la volonté affective d’acquérir un socle de connaissance s’inscrivant dans une logique de progrès -la Sophia étant, comme décrite par Aristote, ce qui se rapproche de plus près à la Science-.

      Or, la philosophie ne saurait être entière sans l’acceptation de l’erreur, nécessaire à l’établissement d’un ordre de savoir, qui n’est plus prise en charge par le nominalisme, mode de pensée répandu dans toute institution sociale basée autour de l’individualisme forcené. Ce qui implique, dans de nombreux débats, une répulsion compulsive à toute forme d’intolérance, interprétée comme le fait de ne pas accepter la parole de l’intervenant comme une vérité s’appliquant aussi bien aux autres qu’à lui même.

      Se posent alors deux questions : peut-on interpréter la tolérance comme un signe d’ouverture d’esprit ? Est-elle par conséquent nécessaire à la philosophie, qui se définirait comme une apologie de la tolérance et de l’ouverture d’esprit, ou ne sont-elles que des freins au véritable moteur de la pensée philosophique ?

      La tolérance est, dans son sens global, la capacité à permettre et à respecter ce que l’on désapprouve, elle requiert ainsi à celui qui en use d’accepter le fait, dans le cadre du débat philosophique, que l’autre intervenant soit cohérent, dans la mesure où celui-ci fournit une piste de réflexion aussi divergente qu’elle soit. Toute analyse constitue, en outre, une vérité propre à l’individu et potentiellement applicable aux autres. De ce fait, il est édifiant de constater que l’individu qui use d’une tolérance vertigineuse s’enclave dans un modèle de pensée nominaliste qui se refuse à accepter qu’une vision plus séante puisse émerger du lot. Les individus se réclamant ainsi de la tolérance au sein du débat taxent ceux usant de son antinomique de sophistes, c’est à dire, en rapport à la définition commune, une personne s’élevant au dessus du concept de l’autre qu’il juge indigent. La sophistique serait donc l’apanage des ’’ intolérants ’’.

      Or, la sophistique émane du terme philosophie, qu’est un emprunt de Platon communément attribué aux Pythagoriciens. Ce même terme Sophia désigne premièrement une habileté, la maîtrise d’un savoir-faire, prenant la connotation suivante au Vème siècle AV.JC : elle désigne un savoir généraliste ayant pour prétention d’atteindre un socle de connaissances maximal sur tous les domaines : ce que l’on appelle communément le savoir des sophistes.(Gorgias, Protagoras…). Cette Sophia n’est en réalité que la seule science de la persuasion rhétorique, n’ayant pas l’ombre d’un fondement scientifique sérieux.

      Cette conception de la science, qui implique qu’emporter l’adhésion de la majorité des opinions constitue un socle de vérité, va faire naître aux antipodes la philosophie que l’on connait. Il serait donc ironique de traduire la philosophie comme ” amour de la Sophia ”, la Sophia étant ce que rejette catégoriquement Platon.

      Plus ironique encore, la meilleure source qui pourrait appuyer l’idée que tout est relatif, impliquant donc la tolérance, est Protagoras, affirmant de sa célèbre phrase que “l’homme est la mesure de toute chose”. Malheureusement, Protagoras fut l’un des sophistes les plus renommés… La tolérance a toujours été l’apanage des sophistes, et non le sophiste à l’apanage de l’intolérance comme le clament les escrocs du concept. Et cette attitude ne vise qu’à une chose : légitimer le pouvoir en place. S’il n’y a pas de vérité, et même pas d’efforts de penser plus louable que le doux bain de ses représentations spontanées, mais uniquement un flot d’opinions indistinctes, toutes respectables et donc toutes légitimes, alors tout discours critique sur le pouvoir est nécessairement sans force puisque tout discours opposé validant le pouvoir le vaut.

      De ce fait, la tolérance ne peut être associée avec l’ouverture d’esprit, étant elle même par définition le rejet de toute vérité logique, et se retrouve par conséquent dispensable d’un quelconque débat visant à pousser la réflexion au delà de la simple logorrhée individuelle n’ayant comme légitimité que le nom. Définir la philosophie comme “l’ouverture d’esprit et la tolérance”, c’est en faire une catégorie vide aux contours flous. N’est-ce pas ce dont nécessite un ordre établi et faible, ayant comme dessein l’anéantissement de toute pensée pouvant lui nuire pour espérer légitimer son pouvoir quelques années de plus ?

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