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"There’s no place for the state in the bedrooms of the nation"

-Pierre Elliott Trudeau, 15th Prime Minister of Canada, speaking of his Criminal Law Amendment Act of 1968-69 which had provisions for the decriminalization of homosexual acts between consenting adults, the legalization of contraception, abortion and lotteries.

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The lead-up to PET’s famous “Just watch me”.

The entire exchange is thoughtful and the journalist actually brought up a few points that hadn’t even occurred to me. 

This is what we’re missing with the Harper government— something that is not necessarily transparency, but the willingness to actually address the media and speak without the use of papers and notes. 

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You could say that in 1968, this country was ripe for Trudeaumania. Less than a decade before, JFK had  taken office in the U.S. with all the pomp and ceremony befitting a celebrity. So when Trudeau came along with his ascot, leather jacket and “there’s no place for the state in the bedrooms of the nation”, and stuck it to Diefenbaker, the antiestablishment-obsessed, predominantly under-35 voting population just pounced.

Now it’s 2013, not 1968, and Justin isn’t Pierre. But I have to confess, every time I pass by someone reading a 24Hours or a Metro with Trudeau-Junior’s face on the front, I get all excited and hopeful.  

So Justin hasn’t really passed any legislation to speak of. And his platform is vague. And he’s prone to theatrics (though I have to say, he’s improved that now). But politics is never about individuals, and our future leader doesn’t have to be invincible. I have faith that the Liberals will surround him with the right people to help him along. Or maybe I’m just finding excuses to justify my excitement.

But I don’t WANT to have to justify my excitement. I want to be excited about Canadian politics. I want there to be anecdotes told about more dance moves he pulls off seemingly-spontaneously (but really as a clever mechanism devised by his PR-team). I want to read inane articles about some hilarious incident that transpired within 24 Sussex Drive. I want sound bites from his speeches to go viral on YouTube. I want to see unnecessary dissections of his wardrobe choices for when the Queen visits. I want Harper and Mulcair to be nervous for the next election. I want students in 50 years to look at a Canadian history textbook and see that the Liberals went from 34 seats in 2011 to 100+ in 2015.

I want a Trudeau in office.

Je me souviendrai

Je me souviendrai de Jean Charest. Je me souviendrai de la Loi 78. Je me souviendrai de Tony Tomassi. Je me souviendrai du visage de Line Beauchamp, pâli par l’épuisement. Je me souviendrai de la ministre Courchène et la loi char d’assaut. Je me souviendrai, par la même occasion, d’Octobre 70. Je me souviendrai de l’écœurement des Québécois. Je me souviendrai de René Lévesque et sa volonté de négocier la séparation du Québec avec Ottawa, au lieu de l’exiger, unilatéralement. Je me souviendrai de Durham, écrivant que les Québécois n’ont aucune culture. Je me souviendrai, marchant main dans la main avec ma mère en sortant du bureau de vote, du 49,5% obtenu pour le Oui, le 30 octobre 1995. Je me souviendrai de Pierre Elliott Trudeau, disant simplement “Just Watch Me”. Je me souviendrai des manifestants battus et humiliés. Je me souviendrai du carré rouge. Je me souviendrai du confort et de l’indifférence. Je me souviendrai du financement du Colisée de Québec par le Parti Québécois pour gagner le vote de la vieille capitale. Je me souviendrai de l’usage abusif de l’expression “Les deux solitudes”. Je me souviendrai, en tabarnak, du “On vous aime” des Ontariens, achetés par les commandites du Parti Libéral du Canada et du Québec. Je me souviendrai de Jean Chrétien et de Trudeau signant le rapatriement de la constitution. Je me souviendrai de l’accord du Lac Meech. Je me souviendrai de La Nuit des Longs Couteaux. Je me souviendrai de Parizeau clamant “Le vote ethnique et l’argent”. Je me souviendrai de Bernard Landry laissant son sort entre les mains d’une meute qui s’entretue. Je me souviendrai de Pauline Marois, sauvée de l’assassinat, le soir de sa demie victoire. Je me souviendrai du père, larmes aux yeux, bébé en main, devant le résultat 40-60. Je me souviendrai des Nordiques tel qu’ils étaient, tel qu’ils ne seront plus jamais. Je me souviendrai de Françoise David qui conquit la province, ou du moins son comté. Je me souviendrai d’une colonie française qui, autrefois, s’étendait jusqu’à la Louisiane. Je me souviendrai de la parodie “Nous sommes Québécois” fait par RBO. Je me souviendrai de ce documentaire où des gens d’ailleurs, établis dans notre province, désirant voir le Québec devenir un pays, plus que des gens nés ici. Je me souviendrai de ce quartier de Montréal, rasé pour faire des usines qui ne virent jamais le jour. Je me souviendrai du Stade Olympique qui tombe en ruine, en pleine désuétude. Je me souviendrai. Pour tous ceux qui ne veulent plus s’en souvenir.