pavillon

J’ai bien connu la France. J’ai connu ses villages. Le dimanche, l’église était pleine à craquer et, à la fin de la messe, une foule se répandait dans la rue principale en direction des boulangeries et des boucheries. J'ai connu les banlieues quand elles étaient la campagne du
pauvre, le repos du citadin, l’excursion des amoureux. J’ai vu,
de mes yeux vu, derrière les pavillons en meulière, des
cultures et des champs en friche. J’ai bien connu cette France-là, quand on apprenait l’orthographe aux enfants, quand des générations entières s’écrivaient de longues lettres pour se donner mutuellement
des nouvelles. Oui, j'ai bien connu ma France.
—  Alain Paucard, La crétinisation par la culture (1998). pages 90-92.