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Yémen: le convoi iranien a fait demi-tour

Yémen: le convoi iranien a fait demi-tour
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Le convoi de bateaux iraniens soupçonné par les Américains de transporter des armes pour les rebelles chiites du Yémen a fait demi-tour, ont indiqué jeudi des hauts responsables américains.

“Ils ne sont plus sur la même route”, a indiqué l'un de ces responsables, précisant que le convoi se trouvait au sud de Salalah (sultanat d'Oman). Mais les bateaux, qui progressent lentement, “peuvent à tout moment” reprendre leur cap vers le Yémen, selon cette source, précisant que les Américains “surveillaient de très près” ce convoi. “Nous souhaitons que l'Iran contribue clairement à la désescalade” au Yémen en éloignant ces navires sans ambiguïté, a ajouté ce responsable. Le convoi iranien est composé de neuf navires, dont deux patrouilleurs armés.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 14 avril une résolution qui impose un embargo sur les armes destinées aux rebelles houthis au Yémen. Après la découverte de ce convoi, les Etats-Unis ont renforcé leur présence navale dans la région, amenant notamment près des côtes du Yémen le porte-avions Roosevelt qui se trouvait dans le golfe Persique.
Neuf navires de combat et trois navires de soutien américains se trouvent dans la zone s'étendant du sud de la Mer Rouge au golfe d'Aden et au nord de l'Océan indien.

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Alter Info l'Information Alternative

April 24, 2015 at 08:17AM
via alterinfonet.org Agence de presse associative http://ift.tt/1HyNGN7
C’était il y a 100 ans, ... le mardi 20 avril 1915, près d’Arras

20 avril 1915 – mardi

Nous devons être embarqués le soir en automobile pour gagner notre nouveau secteur avec lequel il faut nous familiariser en prévision de l’attaque prochaine. Le matin, je profite de ces derniers instants tranquilles pour redescendre à Saint-Pol et y déjeuner à l’hôtel avec quelques amis. Puis, nous remontons nous préparer au départ. Le campement part en avant vers 4 h. Tous les fourriers du régiment se rassemblent chez nous, et l’on s’en va en plaisantant au carrefour de Brias où décidemment nous sommes voués aux embarquements, pour prendre nos autobus. Je cause avec Montalbetti, mon ami et collègue de la 6ème dont le courage et l’entrain furent hors de pair, pauvre victime de son héroïsme dans les attaques du Labyrinthe, lui qui fut un peu au régiment le type du patrouilleur intelligent et intrépide.

Le type d'autobus susceptible d'avoir été réquisitionné (editionsatlas.fr)


Nous prenons à toute allure la route d’Arras à Saint-Pol que je parcourus à pied sous une pluie diluvienne l’automne dernier. La poussière est épouvantable, et les convois se succèdent sans interruption. C’est la grande artère qui relie l’arrière avec tout le front de la future offensive de mai. Nous passons par Tincques, Berlette, Aubigny et sommes débarqués au chemin qui relie Marœuil[1] à la route d’Arras.

Un convoi militaire en 1915 (albindenis.free.fr)


C’est à Marœuil que nous devons cantonner en attendant de prendre les tranchées. La nuit tombe. En arrière de la ligne de coteaux boisés de Saint-Éloi, des fusées commencent à sillonner de leurs trainées lumineuses le ciel, et le bruit du canon s’est rapproché. Nous passons la chapelle et, dans le bas fond, nous voyons la gare de Marœuil et le passage à niveau que l’on traverse avant d’entrer en ville. Marœuil s’étage le long du coteau qui domine la Scarpe, et les maisons blanches se détachent dans la verdure des vergers. Le clocher élancé se profile sur la verdure du parc du vieux château, à mi pente du coteau. Sur les bords de la rivière, deux grandes bâtisses retiennent le regard : les usines à velours et les moulins sur la Scarpe. Le gros bourg est un vrai damier ; les longues maisons blanches s’alignent régulièrement, et des rues coupent à angles droits ces grands îlots de bâtisses.

Fusée éclairante dans la nuit (dessins1418.fr/wordpress)


À cette heure, le pays paraît désert. Bientôt, il fait noir comme dans un four, et nous attendons sur la place de la gare, à l’entrée de la longue allée de platanes qui conduit en ville, l’ordre de stationnement et le lieu de cantonnement. Vers 9 h, on nous fixe comme emplacement les usines de velours.

Tout le bataillon doit y tenir, et, à la lueur des bougies et de lampes de poche, nous parcourons ces magasins immenses et dont la paille est un fumier infect couvert de croûtes de pain et de vieux uniformes.

Figure 51 : Lampe de poche de l’armée française utilisée en 1914[i]


Il n’y a qu’un escalier-échelle faisant communiquer les divers étages entre eux, et il faut près d’une heure pour faire grimper les 600 hommes du bataillon. Je ne peux m’empêcher de songer à l’hécatombe qu’entraînerait un incendie ou, ce qui est plus vraisemblable, un obus tiré sur ce bâtiment. Marœuil, en effet, mérite plus qu’aucun lieu au monde l’épithète de « nid d’obus ». Le bombardement est journalier, et ce village qui, de loin, paraît intact n’est en réalité qu’une succession de maisons en ruines. Seulement, les Allemands font durer le plaisir et, au lieu de tout anéantir en un jour, ils dosent le bombardement et tous les quartiers ont leur tour. Quelques jours plus tard, l’usine à velours deviendra le tombeau de plusieurs des nôtres cantonnés contre toute prudence dans ce grand local qui attire l’œil des aéros boches. Pour l’instant, comme on est fatigué, on y dort de bon cœur. J’ai déniché pour mon commandant une cave potable dans le cantonnement du 10ème génie voisin du Merderet et qui deviendra notre lieu de stationnement habituel durant nos repos à Marœuil.

L'usine de velours de Marœuil   (wikipasdecalais.fr)


Extrait du livre « Les carnets du sergent fourrier » :

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=41720

[1] Marœuil est à environ six kilomètres au nord-ouest d’Arras et plusieurs chemins reliaient Marœuil à la route d’Arras.

[i] Figure 51 : Crédit photographique site naturabBuy.fr (sfm692)

Sidy Cissé, Secrétaire général du Conseil régional de la jeunesse de Gao, administrateur principal du Mouvement des jeunes patrouilleurs : « Si l’Etat ne prend pas ses responsabilités, nous prendrons les nôtres »

Le Républicain : Comment vivez-vous la situation actuelle à Gao ?

C’est une situation alarmante, déplorable qui interpelle les autorités et  toutes les forces qui sont venues nous rendre visite [majorité et IBK, opposition], parce que c’est inadmissible et incompréhensible. Aujourd’hui, Gao doit être la capitale des forces internationales, parce qu’il n’y a pas une force internationale qui n’a pas son contingent à Gao.

Il y a la Minusma, la force Barkhane et les Fama à Gao, c’est incompréhensible …

C’est déplorable et inadmissible. Nous avons toujours tiré la sonnette d’alarme pour dire à nos autorités que la sécurité des personnes et des biens incombent en premier lieu à l’Etat malien, aux autorités du Mali. Les forces étrangères sont venues en appui, mais aujourd’hui il va de soi que nous puissions avoir une politique de défense pour pouvoir sécuriser les populations de Gao, les populations du Mali de façon générale. Vous n’êtes pas sans savoir que malgré l’occupation que nous avons vécue, nos forces de sécurité, la gendarmerie, la police, n’ont  ni l’effectif, ni l’équipement adéquat qu’il faut. On a l’impression que Gao est comme Sikasso [avec moins de problème de sécurité].

Voulez-vous dire qu’il faut plus d’hommes pour ces forces?

Il n’y a ni un effectif suffisant encore moins un équipement qui permet de rassurer les populations. La preuve est là, vous avez vu le lynchage des jeunes qui ont placé une mine dans un poste de police parce que tout simplement c’est inadmissible, lorsque ceux qui sont censés nous sécuriser, ne sont pas eux mêmes en sécurité. Bon dieu où va le monde !

A Bamako, on pense qu’il y a beaucoup de militaires à Gao, et qu’ils sont en nombre impressionnant, mais qu’est ce qui se passe ?

En réalité, nous pensons que notre sécurité incombe à notre Etat. Il ne sert absolument  à rien de dire à quelqu’un de venir construire ta maison lorsque tu n’as pas de terrain. Nous pensons à nos forces de sécurité d’abord. Ils sont réellement nombreux, mais l’effectif qu’il faut n’est pas sur le terrain.

Ils restent dans les camps ?

Ils sont dans les camps, ils n’ont pas les moyens qu’il faut pour pouvoir rendre cette sécurité dont la ville a besoin. Gao, c’est un « no man’s land ». Gao est une zone sans contrôle. Je parle de toute la région à travers la commune urbaine parce que la région est à l’image de la commune urbaine de Gao. Si ce que nous vivons dans la ville de Gao est déplorable, lamentable, que dire des cercles. Les villages, les cercles ne connaissent même pas la présence des forces de sécurité, c’est à dire qu’il n’y’a pas une présence policière  ni de la gendarmerie.

Parlant de la ville de Gao, avec des obus qui tombent, qu’on ne puisse pas parvenir à circonscrire cela ?

Bien sûr, il y a toutes les forces internationales qui sont à Gao, il y a les forces Barkhane qui sont présentes sur le terrain. Mais, seulement, c’est maintenant  que la situation est alarmante parce qu’il y a eu mort d’hommes et des pertes en vie humaines. Sinon Gao a l’habitude de recevoir des obus, maintenant c’est un signal très fort. Nous sommes à notre quatrième ou cinquième fois où il y a des tirs d’obus. La MINUSMA  et les forces Barkhane nous rassurent et tous les jours nous constatons des patrouilles  par hélicoptère.

Ce qui devrait rassurer en fait ?

Naturellement, mais ce n’est pas rassurant. Raison pour laquelle à Gao depuis un certain temps, nous nous réservons de parler de forces internationales. Parce que nous avons du mal à les comprendre. Vous avez vu, ce qu’on a fait le jour où on parlait de zone de tampon à Tabankort. Vous avez vu ce qui s’est passé, à quoi ça nous a amenés? Donc, c’est pour vous dire que ça ne me plait pas de parler des forces internationales, parce qu’ils sont là-bas pour autre chose.  Et  elles savent pourquoi ils sont là-bas.

C’est quoi ‘’autre chose’’, elles sont là-bas pourquoi, selon vous ?

Sinon, ce qui est arrivé pas plus tard que dimanche dernier, n’arriverait jamais, parce que les terroristes ne sont pas plus dotés et mieux équipés que les forces internationale, la MINUSMA et les forces Barkhane. Donc, c’est inadmissible de voir des obus tomber non loin des camps, où habitent la Minusma ou les forces Barkhane. Je ne comprends pas. Et aujourd’hui ce ne sont plus les camps qui sont visés, mais les populations  civiles. Les patrouilles mixtes qui se passent entre la Minusma et nos policiers ne sont des patrouilles honorables. C’est une patrouille qui fréquente les grandes artères et qui ne va pas en profondeur dans les zones d’insécurité. C’est une occasion de dire à l’Etat que s’il ne prend pas ses responsabilités, nous  nous prendrons les nôtres.

Qu’est-ce que vous voulez dire ?

Vous avez sans doute constaté pendant l’occupation qu’il y a eu moins de cas de vols malgré tout. Parce que tout simplement nous avions mis en place un système de résistance à travers l’organisation des patrouilles par les jeunes. Cela s’est arrêté avec l’arrivée de l’armée malienne. Parce que nous nous sommes dit que c’est une mission régalienne. Nous sommes et demeurons des Maliens et des républicains.

Et quand vous dites que vous allez prendre vos responsabilités, c’est reprendre les patrouilles ?

Non, nous sommes dans une phase d’analyses profondes pour voir ce que nous allons faire. La patrouille ou autre chose, les gens le sauront dans les jours à venir. Mais nous nous mettons toujours derrière l’Etat tout en l’interpellant à prendre ses responsabilités. Parce que nous, en tant que fils et autochtone de Gao, nous ne pouvons pas continuer à être de simples observateurs de nos enfants, nos femmes et nos frères qui meurent tous les jours.

Le 27 janvier dernier, il y a eu des victimes, les résultats d’enquêtes de l’ONU révèlent la responsabilité des casques bleus. Comment avez-vous accueilli cette décision ?

C’est une décision réelle et une vérité absolue. Nous avons rencontré les trois émissaires de l’ONU par rapport à cette enquête. Ils n’avaient pas besoin de tout ce temps pour rendre le verdict. Parce que c’était aussi clair. Ils étaient sur le terrain. Ils savaient de quoi il était question. Des enfants qui étaient en face et n’avaient aucune arme à feu ni aucune arme blanche. A Gao, nous n’avons même pas certaines pierres pour pouvoir les lancer. Et ces enfants se retrouvent blessés, tués. C’est lorsqu’ils ont commencé à tirer que nous avons utilisé de l’essence tirée dans nos motos, pour jeter des cocktails molotov. Ça, on le dit, on le répète, on le maintien parce que face à quelqu’un qui tire sur toi, tu te défends avec ce que tu as. C’était en réaction de leurs  tirs que certains, deux ou trois personnes se sont comportées de la sorte parce que trop c’était trop. Ils devaient quand  même faire des tirs de sommation, mais ils ont tiré à balle réelle.

Maintenant, les résultats sont là, des éléments du contingent rwandais de la Minusma seraient  en cause. Comment voyez-vous la suite ?

La suite, il ne faut pas que ça soit un verdict de bureau. Il faut que ça soit un verdict des faits pour que les auteurs de l’acte ignoble, de l’acte barbare, de l’acte assassin puissent répondre, parce que … Si des responsables de famille,  par patriotisme se lèvent pour aller dire non à ce qui est en train de se faire sur leur terre, et que des hommes qui sont sensés épauler l’Etat, tirent à balle réelle sur les populations, c’est inadmissible. Au même moment ils prennent la fuite devant les femmes et les jeunes de Kidal.

Et si des tractations au haut niveau aboutissent pour laisser partir les auteurs au Rwanda pour y être jugés, quelle serait votre réaction ? 

Nous sommes dans un Etat de droit, l’acte qui a été posé, l’a été en terre malienne et les victimes sont du Mali. Il serait inadmissible qu’il y ait des tractations. Un transfert de compétence au Rwanda est inadmissible. Nous avons des tribunaux compétents, nous avons une justice compétente et nous pensons que nous sommes dans les règles pour pouvoir juger ces auteurs qui ont commis cet acte chez nous. Il faut qu’ils soient jugés conformément à nos lois. Et pour purger leurs peines, peut être qu’ils vont pouvoir le faire chez eux. Mais c’est chez nous, conformément à nos textes, qu’ils seront jugés  et punis. C’est chez nous que l’acte a été posé et ce sont les fils du Mali qui ont été victimes. Quand le président a été à Gao pour présenter ses condoléances, il a juré de faire la lumière sur cette histoire.

Mais comment vous voyez les perspectives ?

Les perspectives, c’est d’abord saluer le verdict. Nous le saluons et nous pensons que les familles des victimes  dans un bref délai vont être dédommagées ainsi que les blessés  de l’incident.

Est-ce qu’entre temps déjà l’Etat malien s’occupe des parents des victimes ?

S’occuper c’est trop dire, excepté les dons que  les gens ont amené sous la forme de contribution. Je parle sous le contrôle du président de la commission qui est là. Excepté cela, je n’ai pas connaissance de prise en charge des parents de victimes.

Avez-vous des mots à ajouter ?

Nous interpellons notre Etat comme nous l’avons toujours fait, pour qu’il prenne ses responsabilités  afin que nous puissions désormais dormir sans l’inquiétude de se réveiller avec des obus ou autres choses. Gao ne mérite pas ce qui est en train de se faire, Gao a montré son patriotisme à l’égard du Mali, nous sommes en train d’œuvrer dans ça. Nous sommes dans une perspective de faire la promotion de la paix  et de la cohésion sociale à Gao. Après la résistance, il faut que nous vivions en paix.

On vous a vu très récemment saluer l’accord et inviter la  Cma a le signer. Le pensez-vous sincèrement ?

Oui. Nous l’avons dit lors du meeting  que nous sommes partisans de la paix, partisans de la non-violence et nous sommes aussi républicain, nous sommes pour l’Etat du Mali. Si l’Etat du Mali se permet de parapher un accord le 1er mars, nous sommes maliens, et nous sommes obligés d’être derrière notre Etat. Raison pour laquelle nous sommes sortis sous réserve, parce que nous n’avons pas accepté le mot Azawad  qui ressort encore sur le document paraphé. Mais pour l’intérêt de la paix, nous disons oui à l’accord, oui à la paix. Dans la mise ne œuvre nous saurons de quoi il est question. Nous disons que l’Azawad n’est pas un concept géographique et nous nous donnerons le temps de pouvoir réellement examiner tous ces détails. Nous sommes Gao, nous demeurons Gao, nous sommes pour le Mali, merci bien …

Réalisé par B. Daou

Source: Le Républicain

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