murailles

Au passant de la Place Furstenberg


qui projeta des incendies
dont les flammes violettes
des paulownias en fleurs
en gardent
haute mémoire attentive.


Tout est dans tout.
On ne peut pas lutter contre tout,
mais sommes-nous aussi puissamment en vie qu’ils le furent ?
Question d’âme.


Tout est rien.*
Le néant attendra (la fin de mon sourire)
l’âme en question.
Aujourd’hui je suis
giroflée des murailles rougies.

* Giacomo Leopardi


Isabelle Sancy

(presque) 100 choses à faire avant de mourir

1/ faire de la plongée
2/ voir la grande muraille de Chine
3/ donner du sang
4/ participer à une action humanitaire
5/ manger des insectes
6/ courir un marathon
7/ faire du jogging à Central Park
8/ dormir dans un hôtel de luxe
9/ nager avec un dauphin/requin en liberté 
10/ fonder une famille
11/ faire le travail qui me plaît
12/ faire un road trip en Australie
13/ apprendre plusieurs langues étrangères 
14/ aller à Amsterdam 
15/ voir les chutes du Niagara 
16/ sauter d’une falaise 
17/ sauver une vie 
18/ voir des baleines 
19/ faire du bateau 
20/ apprendre le Ollie 
21/ faire un safari en Afrique 
22/ rouler sur la route 66 aux Etats-Unis
23/ apprendre la salsa et le tango 
24/ prendre un bain de minuit
25/ faire du surf
26/ me mettre au ski
27/ écrire un livre 
28/ monter sur un éléphant 
29/ me faire un tatouage 
30/ rendre ma famille heureuse, éviter toute sorte de conflit qui mine le moral
31/ tomber amoureuse 
32/ réaliser les rêves de quelqu’un 
33/ me raser la tête (quand je serai vieille)
34/ faire du parapente 
35/ avoir ma photo dans un journal 
36/ être pompier volontaire 
37/ me baigner dans une eau naturellement chaude 
38/ aller à une conférence de Hubert Reeves 
39/ avoir un chien
40/ voir de la lave en fusion

(liste à compléter)

1986 - Merlan

J'étais fier de ma décision. Me rendre seul chez le coiffeur et choisir ma coupe ressemblait à une muraille psychologique enfin franchie. Affichant crânement mon nouveau look, je suis retourné en cours sans recevoir pour autant le suffrage des autres élèves puis, de retour au domicile familial, le visage paternel n'annonça aucune approbation. Je suis passé par la case salle de bain et j'ai restitué leur forme initiale à mes tifs. Ce n'est que quelques jours plus tard que mon initiative de mardi-gras mettra tout le monde d'accord.

Il y a des matins en ruine
Où les mots trébuchent
Où les clefs se dérobent
Où le chagrin voudrait s’afficher

Des jours
Où l’on se suspendrait
Au cou du premier passant
Pour le pain d’une parole
Pour le son d’un baiser

Des soirs
Où le cœur s’ensable
Où l’espoir se verrouille
Face aux barrières d’un regard

Des nuits
Où le rêve bute
Contre les murailles de l’ombre

Des heures
Où les terrasses
Sont toutes
       Hors de portée.

—  Andrée Chédid  “Il y a des matins”
Je faisais le tour de ma chambre en caressant les murs à pleines mains. Je tâtais de l’épaule l’aplomb robuste de ma grande armoire. J’appuyais mon front à ma fenêtre bien close. Puis je m’allongeais sur mon lit et je me serrais contre mon corps. Éperdument, je l’écoutais vivre.
Et peu à peu, dans le silence et la solitude, mon corps devenait un autre monde. Il semblait devenir infini et je me perdais en lui. Je l’entendais gronder, frémir, sonner, vibrer, hurler confusément comme une ville énorme. Je me voyais couché dans un grand parc, au centre d’une capitale. Et tous les bruits de la cité en pleine furie de vie grondaient sourdement dans le ressac du sang à mes oreilles. Des roulements, des chocs, des arrachements de camions et de chariots se heurtaient dans mes artères et mes veines, avec des clappements clairs de sabots légers, de pluie giflant l’asphalte et les murailles avec des engorgements d’égouts et de foules bousculées. Sans bouger, les yeux clos, je serrais les dents, et j’écoutais tous ces bruits de ma chair vivante et vigoureuse. Je distinguais, dans le tumulte, des vibrations aiguës, zigzaguant en éclairs tout au long de mes nerfs avec des gerbes d’étincelles éclatantes. Et çà et là, un son répété, obstiné, qui tintait doucement et douloureusement. Ramassé dans la chaleur de mon lit, je prêtais l’oreille à ces pulsations de machines sourdes, où passait la fulguration de transits vertigineux qui me labouraient la moelle de leurs cris stridents. Et j’entendais un tourbillon de heurts et de pas dans la cité tendre et poreuse, étendue sous ses fumées et ses nuages, insouciante des millions de vies qui l’animaient et la tuaient.
— 
Lucien Ganiayre / L’orage et la loutre / Éditions de l’Ogre / [1973] 2015.
Iwan Gilkin (1858-1924), L’Inquisiteur (extrait)


Et, comme je m’assieds sur mon trône de fer,
A mes yeux se déploie une fête de chair,
Car, sous mille Hambeaux ruisselant de lumières,
D’amples processions, blanches et printanières,
De vierges sans nul voile et d’adolescents nus,
L’œil baissé, le cœur gros de sanglots retenus,
Approchent lentement, en traînant sur les dalles
La douceur de leurs pieds, dans les clameurs brutales
Que poussent autour d’eux de tragiques soldats.
La lumière, avec eux, avance pas à pas
Et fait surgir, le long de la muraille obscure,
Un lugubre arsenal d’instruments de torture.
Les voici devant moi. Dans l’ardente clarté
Je m’enivre longtemps les yeux de leur beauté.
Sur mon ordre soudain les bourreaux les entraînent
Et sur les chevalets et les croix les enchaînent ;
Et c’est comme un bouquet de jeunes fleurs de chair
Dans des buissons de bronze et des ronces de fer.
Ah! l’heure du supplice est venue! Et la roue
Brise les os, la pince arrache, le clou troue.
Le croc déchire, la poix brûle et les ciseaux
Coupent la chair splendide en horribles lambeaux.
Le sang coule, le sang fume ; sur les poitrines
Lumineuses et sur les cuisses ivoirines
Le sang fait bouillonner des fleuves de rubis.
Et quels gémissements ! quels sanglots ! et quels cris
Montent sinistrement aux voûtes sépulcrales !
Et moi, glacé d’horreur, le sein plein de ces râles.
Les yeux pleins de ce sang, je m’élance, éperdu,
Vers mes victimes et tout mon cœur est fendu.
Ah! je sens dans ma chair s’élargir leurs blessures!
Je souffre leurs tourments! Je subis leurs tortures!
Je baise en sanglotant leurs membres délicats.
J’arrose de mes pleurs leur visage et leurs bras
Et, me frappant le front sur les dalles sanglantes,
J’implore mon pardon de leurs lèvres tremblantes ;
Et brûlé de pitié, pâmé de cruauté,
J’agonise dans un excès de volupté.
Je tombe, je défaille et lentement j’expire
Sur les flancs déchirés d’une jeune martyre.

X Nuzlocke, episode 5: Bone Wars

Read from the beginning.

Route 8

Spruce: …but we should still make sure we didn’t get turned around in those caves!  I hate not being able to see the sky!
Ruby: Argh.  Fine.  If it will shut you up, I’ll ask for directions.  You there!  Meditite, Inkay!  This is the Muraille Cliff Road, is it not?  We are heading in the direction of the Glittering Caves?
Inkay: Yes on both counts, traveller, but if the caves are your destination I must advise you to rethink your plans.
Meditite: Aye, there’s a right lot o’ Barney brewin’ down there.  ‘tid be Mae if you’d just turn round and ‘ead for Pope, mate.
Ruby: I have no idea what you just said and I think I’ve somehow become stupider by hearing it.
Meditite: Wot, don’t understand me chitty?  It’s well Glenn if you keep yer Donalds open.

Keep reading

2

Le Mont-Saint-Michel, perché sur son rocher, vit au rythme des marées et semble parfois flotter au milieu de la baie. Lorsque la mer monte, le village médiéval dresse ses murailles contre les flots.

Nous vous proposons de survoler ce patrimoine mondial inscrit à l’UNESCO alors que le niveau de l’eau est à son plus haut. En effet, ce 21 février 2015 a donné lieu à la « marée du siècle » et  nous offre des paysages époustouflants de la cité du Mont-Saint-Michel assiégée par l’eau.

https://urbabillard.wordpress.com/2015/02/21/le-mont-saint-michel-vu-du-ciel/

Et l'escalier menait à l'océan.
Non vraiment, je te jure. J'avais rompu le sceau de l'insondable, pénétré la muraille de l'invisible. Je faisais l'amour à des brassées de songes.

Je marche vers la chaleur. C'est peut-être hédoniste, peut-être égoïste, mais je suis obsédée par cette étreinte. Et tant pis si la chute m'écorche les genoux, tant pis si je tangue assommée par la langueur, j'aurais mon quart d'heure d'étincelles, je repartirais avec leur éclat qui crépite encore dans le ventre.

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t'en vas ?

A quoi bon vivre, étant l'ombre
De cet ange qui s'enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N'être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t'en ailles
Pour qu'il ne reste plus rien.

Tu m'entoures d'Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t'envoles
Pour que je m'envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n'entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s'en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J'en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d'azur.

L'amour fait comprendre à l'âme
L'univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l'infini

Sans toi, toute la nature
N'est plus qu'un cachot fermé,
Où je vais à l'aventure,
Pâle et n'étant plus aimé.

Sans toi, tout s'effeuille et tombe ;
L'ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t'implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n'es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l'autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L'inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l'étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu'illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant : “Où donc est ma soeur ?”

J'en mourrai ; fuis, si tu l'oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu'elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

Victor HUGO.

7

Escapade à Jersey, chez nos voisins anglo-normands.

à St Hélier, en marche vers Elizabeth Castle : un château moyenâgeux accessible à pied à marée basse.

la pluie a été de la partie tout le week-end.

Regarde moi bien, je suis jeune et en pleine santé, alors j ai décidé de profiter de toute ma vie, de faire les expérience les plus délirantes et dangereuse, de faire exploser mon taux d'adrénaline, de peur et de bonheur, de défier les lois de la gravité et les lois tout cours, et pour sa je veut être seul parce que au cours de cette vie de débauche je ne veux aucune moral, ni aucune contrainte pour que je puisse crier de haut de grande muraille de chine ou en face de la grande barrière de corail: LIBERTÉ !!!

Depuis des siècles, tu sais, nous nous ingénions à dresser une muraille d’interdits entre les sexes, alors l’amour s’est fait acrobate, il escalade les terrasses à la faveur de la nuit, ourdit les ruses de Sioux, se nourrit d’œillades, de serrements de main subreptices, de baisers volés entre deux portes, suborne des messagères – duègnes, servantes, parentes complaisantes -, étreint enfin sa belle au fond d’une alcôve, le cœur cognant tant d’alarme que de désir.
L’amour est un passager clandestin.
—  Ali Bécheur Le paradis des Femmes