murailles

Qu'est-ce que le monde pour notre cœur, sans l'amour ? Ce qu'une lanterne magique est sans lumière. A peine y introduisez-vous le flambeau, qu’ aussitôt les images les plus variées se peignent sur la muraille ; et lors même que tout cela ne serait que fantômes, encore ces fantômes font-ils notre bonheur, quand nous nous tenons là, éveillés, et que, comme des enfants, nous nous extasions sur ces apparitions merveilleuses –
—  Johann Wolfgang Goethe

Je respire où tu palpites,
Tu sais; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t'en vas ?

A quoi bon vivre, étant l'ombre
De cet ange qui s'enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N'être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t'en ailles
Pour qu'il ne reste plus rien.

Tu m'entoures d'Auréoles ;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t'envoles
Pour que je m'envole aussi.

Victor Hugo

De l’autre côté de la muraille

La semaine dernière, j’étais donc en Chine. Un voyage organisé par une fondation française pour la recherche et l’innovation qui consistait à faire se rencontrer des jeunes français et des experts chinois des ministères, des laboratoires et des entreprises.

Beaucoup des français étaient juristes ou chercheurs, assez peu startuppers, et beaucoup des chinois étaient hauts fonctionnaires, biologistes ou patrons de grosses sociétés, là aussi assez loin de l’entrepreneuriat tendance garage et débrouille. Il n’empêche que :

1) c’était assez fascinant de voir comment le gouvernement chinois appréhende l’avenir de sa croissance : par la recherche fondamentale, l’aide aux entreprises innovantes et la création de villes entières dédiées aux nouvelles technologies ;

2) c’était franchement intéressant de découvrir les rudiments (pour moi) de la propriété industrielle dans le droit français, et d’apprendre qu’il n’était pas si impossible de déposer des brevets, même dans le web, même quand on est petits…

Et puis on a tout de même eu quelques moments qui me concernaient assez directement. Par exemple, la visite à Shenzhen du quartier de Qianhai, une nouvelle zone construite sur des polders et dédiée aux startups, avec open spaces, pépinières et fonds d’investissement. Un peu la silicon valley à la chinoise. Et le tout construit en 18 mois, bien sûr (enfin, la partie qu’on a vue, qui fait déjà je ne sais combien de kilomètres carrés et qui n’en est que le point de départ…).

Egalement remarquable, le tour des locaux de Tencent, le (quasi-)Facebook chinois, valorisé à 200 milliards de dollars (contre 230 pour Facebook, on n’est pas loin), dont le siège est une immense tour ultra-moderne bourrée de jeunes chinois en jeans et T-shirts et qui a à peu près tout compris de l’intégration produit du site web à l’application, du jeu vidéo aux objets connectés, du messaging à l’e-commerce. Et le tout quasi-uniquement sur le marché chinois - pour l’instant : WeChat, leur dernière appli, est aussi la première a être internationale et compte déjà un petit 500 millions d’utilisateurs (dont 100 hors du pays). Décent.

Bref, la Chine, c’est intéressant si on veut avoir une idée du monde qui nous attend : à ce rythme, Shenzhen va bientôt pouvoir rivaliser avec Palo Alto, le marché chinois deviendra la priorité de tous et Pékin dictera sa loi toujours plus loin.

La seule interrogation réside précisément dans ce dernier point : le phénoménal système chinois repose encore et toujours sur l’Etat - et le parti - qui initie, planifie, finance et décide à peu près tout ce qui se fait sur le territoire, donne son accord plus ou moins directement sur tout ce qui compte dans le privé et empêche tous ceux dont il ne désire pas la présence (Facebook, Twitter, Google…) de s’installer - en tout cas pour l’instant.

Cette logique ultra-centralisée parviendra-t-elle à donner suffisamment de latitude pour l’innovation pure, celle qui requiert de la liberté pour prospérer ? Tout porte de fait à croire que le gouvernement central cherche graduellement à augmenter les marges d’action - et d’expression - de ses acteurs économiques. A l’inverse, alors, cette libéralisation grandissante ne menace-t-elle pas de sortir du contrôle de l’Etat, d’entraîner une rupture - toujours plus ou moins brutale - vers un nouveau régime (encore) plus libéral ?

La question, au fond, est de savoir si la Chine parviendra à être l'exception qui confirme la règle : opérer une transition sans explosion d’un système rigide à un système libéral, d’un régime originellement totalitaire et encore autoritaire à un régime démocratique, ouvert et prônant l’autonomie individuelle. Etant donné que ce pays est de toute façon exceptionnel - par sa taille, sa puissance, sa réactivité -, il est bien possible qu’il nous le prouve encore…

Mardi 21 avril: Grande muraille: 1 Papa et Léo: 0

Impensable de passer en Chine sans visiter la construction humaine la plus imposante de l'histoire. À environ 50 minutes de Pékin, l'accès touristique de la grande muraille se fait à flanc de montagne…bordel…mon vieux genou amoché! On m'avait dit d'apporter le porte-bébé. C'est donc avec 23 livres d'amour en surplus de poids que j'amorce mon ascension en compagnie de ma sœur.

Notre guide a décidé de nous attendre en bas, à l'ombre des parasols. Je commence à comprendre son choix quand on attaque une section de marches presque aussi hautes que nos genoux et plus étroites que nos pieds. Même avec les “Prrrrrrrrrrrrrtttttttt” que Léo fait avec sa bouche, à 4 pouces de ma face question de m'encourager, le défi m'apparaît périlleux. Particulièrement avec les touristes qui arrêtent partout à tous moments, sortant leur foutu “selfie-stick” (une plaie par ici!) ou en laissant leur bouteille d'eau dans l'escalier. Sur les 22 tours de guet réparties sur les 3 km accessibles, j'abandonne à la 4ème , attiré par l'oasis que représente le kiosque à Gatorade glacé, le mieux situé au monde! Mon orgueilleuse sœur, elle, a décidé qu'elle voulait atteindre le sommet. Ça fait bien mon affaire, elle pourra nous rapporter des photos sans que je ne sue une goutte de plus.

Je m'équipe donc d'une casquette cheap à 40 yuans arborant les mots"Great wall" ( tout un concept!) et je laisse la gravité m'aider pour le reste du chemin. Tout au long du parcours, les grimpeurs sont surpris de voir Léo! Plusieurs applaudissent son exploit. Pffffff! C'est moi qui force et c'est lui qui récolte la gloire?! Le gros patapouf se permet même une sieste en redescendant!

Avant le dîner, nous allons visiter une manufacture artisanale de “cloisonnés”. En fait l'endroit où l'on dîne est situé directement au dessus de la manufacture. Une espèce de trappe à touristes qui reviennent affamés de la muraille. Mais la visite s'avère intéressante. La technique du cloisonné consiste à coller des milliers de minuscules fils de cuivre sur un objet de cuivre, pour ensuite appliquer de la peinture et de l'émail en 8 couches, chacune polie à la perfection. Que de patience et de talent! Nous avons vu des pièces valant plus de 200 000 $ CAN. Disons qu'avec ce genre d'accessoire, on commence à défier le budget déco de “Décors ta vie”.

Nous terminons la journée avec la visite de l'atelier de jade. Encore une fois, impressionnant. Des 50 maîtres-sculpteurs de jade qu'il reste en Chine, 30 travaillent à l'atelier qu'on visite. On circule dans l'immense boutique aux allures de musée, exposant encore certaines pièces valant plus que ma propre maison.

Vous remarquerez que je ne vous parle pas tant de nos sorties resto. Une des raisons est qu'on ne sait aucun nom des endroits où l'on mange! Souvent, on ne sait même pas ce qu'on commande…comme ce soir. Sur la photo ça avait pourtant l'air bon: des sandwichs de racine de lotus, avec une farce au porc, enrobés d'épices et panés. Je pourrais décrire l'expérience comme une crise d'épilepsie de nos papilles gustatives, entrecoupée de “aaaaahhhhhh….isssssscchhhhh” et de gorgées d'eau ne faisant que réactiver la sensation d'avoir eu une mauvaise session de botox sur les babines. L'intensité de gravir la muraille de Chine se fait éclipser par un sandwich… Faut le faire!

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C - Clint Eastwood - Gorillaz
H - How Loud Your Heart Gets - Lucius
E - El Manana - Gorillaz
R - Red Light - The Strokes
U - Unity - Operation Ivy
B - Blood - The Middle East
S - Starman - David Bowie
P - Passe Muraille - Syd Matters
A - Animal - Miike Snow
L - La Vie En Rose - Edith Piaf
A - Absolute Territory - Men Ashcorp
C - Chicago - Sufjan Stevens
E - El Manana, Metronome Remix (for lack of any other songs that start with E.)

I tag thegamerslegacy pandakitty1000 nyantribble lachelnbitte matrynekoalois and alyssakast. Plus, whoever else wants to do this if they see it.

Hier, j’avais lu que le grand vizir « Almanzor » du calife omeyyade « Hicham II » de Cordoue, à ordonner de brûler toute une bibliothèque …  [Hormis] les livres relatifs à la médecine et aux mathématiques, tous ceux qui s'écartaient d’un millimètre de la parole révélée, ou n'avaient pas de rapports avec elles, ont été incendiés …

Livres d'astrologie, de poésie, de musique, de logique, de philosophie et de tous les arts et les sciences connus … Des milliers de livres uniques, au savoir intransmissible, brûlèrent ainsi à Cordoue !

Sur la planète Terre, l'homme avait toujours supposé qu'il était plus intelligent que toutes les autres créatures parce qu'il avait accompli tant de choses : La grande muraille de la chine, New York, marcher sur la lune, les guerres …

Mais c’est faux ! Regardez par exemple les dauphins … Ils sont heureux, ils nagent, sautent et jouent tout le temps … Les dauphins ont accompli ce que l’homme n’a pu jamais faire : passer un bon moment … Les dauphins ont probablement toujours cru qu'ils étaient beaucoup plus intelligents que nous !

Approchez chers lecteurs et touchez par la pointe de vos doigts la tête de ce mammifère marin … Vous entendez ! Il vous parle … Pendant que ses compagnons tournent autour de vous, il vous dit qu’il y a très longtemps, il marchait sur la terre …

Mais il a préféré retourner dans la vaste étendue de la mer, parce qu'on peut s'y mouvoir dans toutes les directions sans la moindre gêne … Il vous dit que l’eau est un élément de vie magique et extraordinaire …

Au fond de l’océan, on n’a pas besoin de vêtements, de maison, ou de pays … Au fond de la mer, il n y a pas de guerre, d’avidité ou d’orgueil … Ouch ! Il vous  taquine en vous lançant des jets d’eau … Il vous propose de jouer avec eux … Vous nagez au milieu de magnifiques petites créatures : Un poisson qui émet des lumières multicolores, un poulpe qui se propulse dans toutes les directions et une baleine qui chante sans émettre de bulles …

Il vous révèle le secret de sa joie de vivre : Il rêve en permanence … La moitié de son cerveau dort pendant que l'autre moitié est active … Si bien qu'au moment où il joue avec vous, il est aussi en train de rêver … Il ne prend jamais de vrai sommeil car, il a à la fois besoin d'être sous l'eau et de remonter respirer à la surface … S'il reste immobile en dormant, il [s'asphyxie] et s’il reste exposé longtemps à l’air, sa peau [s’assèche] …

Il espère qu’un jour, les humains puissent le rejoindre dans un voyage au fond des mers, un voyage plein de gaieté et d’aventures … Il espère qu’un jour, les humains puissent comprendre que pour les dauphins, il n’y a que le temps présent … Aucunes ténèbres du passé, aucun ombre de l'avenir …

https://www.facebook.com/bibliophoria    

Très bon Weekend : )

[Hormis] : A l'exception de.

[S'asphyxier] : Succomber par asphyxie, s'étouffer.

[S’assécher] : Devenir sec, se sécher.

Avril 2015- l'été est arrivé entre les deux rando - 29 degrés ! - mais la plus jolie portion de la muraille a une fois de plus époustouflé tout le monde.

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POWERDOVE - When You’re Near

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Dans cet épisode :

- La Chine : pays aux mille montagnes

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