mozartiennes

Les mystères de l’opéra

(2) L’antigravité à la rescousse

Cette photo d’archive datant de plus d’un siècle illustre bien l’enthousiasme débridé qui acompagna la découverte de l’antigravité à la fin du XXIe siècle. Tandis que l’art vocal se perdait irrémédiablement, que la dernière soprano colorature avait disparu depuis plusieurs décennies, de sympathiques hurluberlus se mirent en tête de ressusciter, le temps d’une soirée, les vocalises de la Reine de la nuit. Ne lésinant pas sur le matériel, ils affublèrent le Teatro Massimo d’une pompe antigravité dernier cri. L’engin était censé permettre à l’interprète de s’affranchir des pesanteurs terriennes pour atteindre les célèbres contre-fa de l’aria mozartienne. Grande fut leur déconvenue, on s’en doute. L’art vivant de l’opéra avait définitivement sombré, la physique théorique n’en pouvait mais.