2

Ma vue. Et mon 24/7 Family Mart. Les horaires incroyables vont me manquer, même si quand on y réfléchit, le mec qui se tape le 20h - 6h au McDo, il doit pas s’éclater à fond. Mais du coup, ça permet au gens qui bossent la nuit de ne pas passer à côté de leur vie… et de pouvoir faire un truc que t’avais prévu même à 4h en sortant du boulot. Bref, c’est compliqué. Dimanche soir, on est sorti pour la dernière soirée d’un ami, et oui, un dimanche soir, à 3 heures du matin, quand tu sors, t’es jamais seul. Il y a des gens partout, tout le temps. Pas besoin de s’organiser, de se dépêcher (et vous savez que ce ne sont pas mes qualités numéro 1!). Il est 23h j’ai plus rien à manger? Je vais faire les courses. Il est deux heures du matin j’ai envie d’une glace? Je vais au Lawson. Il est quatre heures, j’ai besoin d’une coupe de cheveux? OUI, c’est possible dans ma rue. Et c’est comme ça tous les jours. 365 jours sur 7. Les heures de nuits ne sont évidemment pas les plus sympas à travailler, mais ici, on sait pourquoi le taux de chômage n’est pas très haut, il y a un métier pour tout, et c’est vraiment le pays du métier inutile. Il faut s’accrocher quand on vous donne un qui suit : la personne aux bornes d’entrées du métro qui fait signe si tu peux passer ou si tu dois mettre ton sac au rayon X. Elle lève le bras toute la journée, et se retrouve carrément inutile en heure de pointe quand 1000 personnes passent la borne chaque 5 minutes. Les gars qui appuie sur les boutons des ascenseurs la nuit. Certains s’installent carrément des sièges pour dormir. Le mec qui reste droit comme un piquet dans sa cabine à l’entrée des résidences. Lui, il ne fait rien. Il regarde en face. Les gardes dans les parcs. S’ils sont investis dans leur mission, ils utilisent leur sifflets à mort, mais sinon, ils sont juste là, à regarder derrière l’épaule des gens qui jouent aux cartes ou debout à scruter l’horizon. Les mecs à Carrouf qui, ah! attendez, Carrefour! A lui tout seul il comptabilise un paquet de métiers déprimants. Les gars qui rangent ton charriot quand tu sors. Boum. Et de un. Le gars qui distribue les sacs en plastique pour parapluie quand il pleut. Et de deux. Roulement de tambour : les gars qui soulèvent le bout de ton charriot quand tu arrives en haut de l’escalator. WTF? Merci Carrefour. Parenthèse “Jia le fu” terminée. Les gens qui lèvent un drapeau à chaque départ de métro dans la station. Palme d’or. Ils ne bougent pas du tout, lèvent juste le bras toutes les 2 minutes 30. Et franchement, je pourrais en citer encore des dizaines. Certains ont au moins un collègue, mais pour d’autres c’est juste tout seul à son poste toute la journée. Je ne sais pas si ce genre de boulot rapporte ou pas - certainement un minimum, sinon je me demande quelle est la carotte qui te fait lever le matin - mais honnêtement, personne ne rêverait d’un boulot pareil. Tu hallucines à tous les coins de rue.

3

Hier, avec Davide et quelques amis de mes colocs nous sommes allés supporter Guglielmo et les Shanghai Warriors à Fudan University, pour le match qu’ils jouaient contre l’équipe de cette école. Ils les ont écrasé. Nous n’avons pas pu rester jusqu’à la fin car il a commencé à pleuvoir et qu’on était simplement venu avec 3 paquets de chips et des Asahi, soit pas grand chose contre la pluie. J’ai pu voir des chinois hyper costauds, comme on en croise pas à tout les coins de rue, mais le reste des équipes est souvent composé d’américains, qui continuent de pratiquer le sport national pendant leur voyage universitaire. Même si l’on a pas pu rester des heures, j’ai a-do-ré.

6

Pour aller à Moganshan, nous avons d’abord pris un bus à la Shanghai Long Distance South Bus station. J’étais allée la veille checker les horaires de départ, mais je n’étais pas sûre à 100% de l’heure de départ car nous devions aller à Deqing, et je n’étais pas certaine que la dame au guichet ait totalement compris. Ici, une mauvaise prononciation peut rapidement vous emmener à 3000km de votre point d’arrivée initial donc je n’étais pas sereine à fond le jour du départ! Nous sommes partis à 7h du matin en se disant qu’on finirait bien par trouver un bus dans la journée. J’avais noté en caractère chinois le nom de la ville sur un papier, et arrivés au guichet, l’horaire était bien celui que nous pensions, ma prononciation était au poil, et nous avions nos tickets! Inutile de préciser qu’à la gare routière, il n’y a pas foule d’occidentaux, donc ils ont dû juger normal de ne traduire aucuns mots en anglais sur le ticket, ni aux tableaux d’affichage, ni sur les quais… Bref, nous avons quand même identifié le panneaux Deqing en chinois, et à 9h27 précises, le bus quittait la ville. Entre Shanghai et Deqing, le paysage est un mélange entre une campagne classique en URSS et Saint-Étienne dans les années 70. Des champs, des corps de ferme en assez mauvais état, des usines, de la ferraille, et au milieu, de temps en temps, des immeubles ou des maisons reproduits à l’identique sur 2km2. On a compté approximativement, dans un lotissement, 400 fois la même maison! Les gens dans le bus étaient assez joviaux et sympas avec nous, étant donné que l’on ne savait absolument pas où il fallait descendre, un monsieur nous a aidé à trouver notre arrêt à coup d’anglais très approximatif : “Deqing big. Here small. You go big. Not here.” Okay, okay, on descendra au suivant! Après un peu moins de trois heures de bus, nous avons pris un minibus jusqu’à notre guesthouse, à Houwu village, dans Moganshan. Je mettrais quelques photos de l’auberge plus tard, parce que ça mérite bien un article en plus! Le village est sûrement plus habité le week-end par des gens de passage, mais nous étions les seuls touristes non chinois, et seuls dans notre guesthouse. Le produit numéro 1 ici est le bambou, et ils s’en servent pour tout. Construction, nourriture, mobilier, engrais… Il y en a de partout! Et comme on est à la campagne, les gens ont tous leurs petits potagers à côté de leurs maisons, en étages souvent, entre une forêt de bambou et des plantations de thé. Les gens, malgré la taille des maisons - assez grandes - semblent vivre pas mal dehors, et se mettent souvent sur le bord de la route pour effectuer leurs petites tâches du quotidien.

Text
Photo
Quote
Link
Chat
Audio
Video