l'enfer-c'est-les-autres

« L'enfer c'est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'était toujours des rapports infernaux. Or, c'est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres, ça marque simplement l'importance capitale de tous les autres pour chacun de nous
—  Sartre, Commentaire sur le CD Huis Clos, 1964
To then quote Sartre...

I’m walking in front of some people this morning, and I hear a guy say, “So, we flew back from our honeymoon, and, y’know, they have T.G.I. Fridays in the airport. So, we go in, and she orders one of everything from the appetizers. And I had to pay for all of that!”

Sometimes you get a peek into somebody else’s life, and, to quote Sondheim, you’re sorry/grateful.

just u wait til I am really famous and they put my yearbook photo and caption in some I-D magazine “wayback when” spread and everyone will learn what an angry and pretentious teen I was to quote Sartre in the original français.

So dating this guy may have been a bigger mistake than I realized.

I’m not even talking about how emotionally, intellectually and sexually incompatible we appear to be–I’m talking about the fact that I spent a year mostly alone inside my house, watching anime and occasionally touching myself, and now I’ve started expecting someone else to be around that I can *do* things with. Mostly outdoor social activities, but yes, sex things as well.

I don’t *want* to turn into a person who needs other people. Other people are exhausting. They get in the way. Their feelings get in the way. And they never understand my addiction to Tumblr.

Can’t I go back to being a hermit, but not go back to being desperately unhappy?

L'enfer c'est les autres.

Je suis bien. J'suis bien dans mon pays imaginaire. Il ya des arbres aux feuilles d'automnes, mais les feuilles ne tombent pas. Il fait 21 degrés et une petite brise me caresse les joues, le coup, le derrière de mes genoux. Le ciel est bleu, habillé de quelques nuages blancs. Je suis seule. Je n'entend que le silence de la forêt. Le seul silence que tu peux entendre. Oui, j'y suis bien. Mais de petit à petit, des inconnus traversent mon chemin. Il y en as qui courent, d'autres qui marchent sur un rythme de ballade. Plus les pieds se posent, plus mon sentier se défriche. Au début, ça fait pousser des fleurs. Mais plus les gens passent, plus la terre se tasse. Le sol se comprime sous les pas des passagers. Et pourtant, ce sont des passagers me dites vous, mais ils laissent leurs traces. Ils écrasent les fleurs, ils décrochent les feuilles, ils poussent les arbres. Je me retrouve avec un désert de terre humide et quelques feuilles mortes à mes  pieds. 

Tu vois.  L'enfer, c'est les autres. J'suis bien. Je fais mes trucs.  Le seul hic, c'est que je vois tout le monde passer. J'en vois des biens qui finissent mal, d'autres qui sont mal depuis le début, et certains qui sont tout simplement coincés. Et ça me désole. Voir des êtres humains si pures se transformés en purée, c'est horrible. Je pourrais m'en foutre, et continuer mon chemin, mais je les écraserais. Alors je dois les contourner, mais comment passer à côté d'un souffrant sans lui tendre la main ? Donc je les prends sous mes ailes, et ça me fait plaisir. Et mon aventure ralentis considérablement, jusqu'à l'arrêt total. Je n'arrive pas à voir mon entourage dépérir, alors je l'aide. L'enfer, c'est les autres.

L'enfer, c'est moi.