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Source: http://www.stopharcelementderue.org/

Au regard de la loi :

L’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. (Article 222-32 du code pénal)

Les agressions sexuelles autres que le viol sont punies de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Constitue une agression sexuelle « toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise” (Article 222-27 du code pénal). La jurisprudence renseigne sur la nécessité d’un contact entre l’auteur et la victime. Elle classe également les attouchements ou les caresses du sexe, des fesses, des cuisses, de la poitrine1 dans le cadre des agressions sexuelles.

Les injures sont définies comme une invective, une expression outrageante ou méprisante, non précédée d’une provocation et qui n’impute aucun fait précis à la victime. Le qualificatif attribué ne peut pas être vérifié. L’injure publique est une injure pouvant être entendue ou lue par un public inconnu et imprévisible. C’est-à-dire par un nombre indéterminé de personnes étrangères aux deux protagonistes et sans liens étroits entre elles.

L’injure publique est punissable par une amende pouvant aller jusqu’à 12 000 €.

Si c’est une injure raciste, sexiste, homophobe ou contre les handicapés, la peine encourue est de 6 mois de prison et de 22 500 € d’amende, qu’elle ait été prononcée à l’égard d’une personne

désignée ou d’un groupe de personnes (Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse : articles 32 et 33)

(Des infos pour rejoindre stopharcelementderue, ICI)

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Selektor 2: Shane Lynam

pp 42 to 51

"De retour à Dublin, le premier projet de Shane Lynam a été de ne pas en avoir. Après s’être imposé une direction artistique stricte pour son diptyque français, il s’agissait surtout de réapprendre à voir en terrain familier - un débat intérieur qui rejoint en cela celui qu’Alex Cretey Systermans a conduit de son côté dans Familiar. Intuitivement, Shane Lynam a ressenti le besoin de se renouveler au moment même où il retournait sur ses pas. L’absence de projet est devenu le projet, Inner Field, une série qui respire la photographie : l’art d’être là.”

"Shane Lynam’s first project when he returned to Dublin was to not have any projects. Having imposed strict artistic direction upon himself for his French diptych, he needed to learn how to see familiar territory again – an interior debate like that conducted by Alex Cretey Systermans in Familiar. Shane Lynam intuitively felt the need for self-renewal at the same time that he began to retrace his steps. The absence of a project became the project, Inner Field, a series that breathes photography: the art of being there.”

84 pages / 21 X 28 cm / 44 colour photographs / Offset printing PEFC and FSC certified / Cover: Condat Silk 300g/m2 / Inner pages: Condat Silk 150g/m2 / Thread sewn binding / Printed in France by Art et Caractère / 200 copies

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"Nous sommes tous irrités contre toi qui as mis au monde cette fille insensée et funeste qui médite sans cesse les plus affreux desseins." 

Homère, Iliade; chant V; 872 sqq

J’étais surtout venue pour la lumière, mettre en lumière aussi. J’avais envie d’opposer ce vêtement imposé, à la chair qu’il dissimule, aux sens qu’il étouffe… Pourtant, toujours, un événement initie un mouvement… À moins que ce ne soit le fait d’être grimpée sur ce toit…

Petit drapeau plein de poussière, piraterie, mutinerie, Athéna finalement !

Dans un paysage comme la nature n’en saurait créer, dans un paysage où le soleil s’apâlit jusqu’à l’exquise et suprême dilution du jaune d’or, dans un paysage sublimé où sous un ciel maladivement lumineux, les montagnes opalisent au-dessus des bleuâtres vallons le blanc cristallisé de leurs cimes ; dans un paysage inaccessible aux peintres, car il se compose surtout de chimères visuelles, de silencieux frissons, et de moiteurs frémissantes d’air, un chant s’élève, un chant singulièrement majestueux, un auguste et pacifiant cantique élancé de l’âme des las pèlerins qui s’avancent en troupe.
Et ce chant, sans effusions féminines, sans câlines prières s’efforçant d’obtenir par les hasardeuses singeries de la grâce moderne le rendez-vous réservé d’un Dieu, se développe avec cette certitude de pardon et cette conviction de rachat qui s’imposèrent aux humbles et suggestives âmes du Moyen-Age.
Adorant et superbe, mâle et probe, il déduit l’épouvantable fatigue du Pécheur descendu dans les caves de sa conscience, l’inaltérable dégoût du Voyant spirituel mis en face des iniquités et des fautes accumulées dans ces redoutes et il affirme aussi, après le cri de foi dans la rédemption, le bonheur surhumain d’une vie nouvelle, l’indicible allégresse d’un coeur neuf éclairé, tel qu’un Thabor, par les rayons de la mystique Supéressence.
Puis ce chant s’affaiblit et peu à peu s’efface ; les pèlerins s’éloignent, le firmament s’assombrit, la paille lumineuse du jour s’atténue et bientôt l’orchestre inonde de lueurs crépusculaires l’invraisemblable et authentique site. C’est une dégradation de teintes, une poussière de rais, un mica de sons, qui se meurent avec le dernier écho du cantique perdu au loin ; — et la nuit tombe sur cette immatérielle nature, créée par le génie d’un homme, maintenant repliée sur elle-même dans une inquiète attente.
Alors un nuage irisé des morbides couleurs de la flore rare, des violets expirés, des roses agonisants, des blancs moribonds des anémones, se déroule puis éparpille ses moutonneux flocons dont les ascensionnelles nuances se foncent, exhalant d’inconnus parfums où se mêlent le relent biblique de la myrrhe et les senteurs voluptueusement compliquées des extraits modernes.
Soudain, dans ce site musical, dans ce fluide et fantastique site, l’orchestre éclate, peignant en quelques traits décisifs, enlevant de pied en cap, avec le dessin d’une héraldique mélodie, Tannhæuser qui s’avance ; — et les ténèbres s’irradient de lueurs ; les volutes des nuées prennent des formes tourmentées de hanches et palpitent avec d’élastiques gonflements de gorges ; les bleues avalanches du ciel se peuplent de nudités ; des cris de désirs incontenus, des appels de stridentes lubricités, des élans d’au-delà charnel, jaillissent de l’orchestre et, au dessus de l’onduleux espalier des nymphes qui défaillent et se pâment, Vénus se lève, mais non plus la Vénus antique, la vieille Aphrodite, dont les impeccables contours firent hennir pendant les séculaires concupiscences du Paganisme, les dieux et les hommes, mais une Vénus plus profonde et plus terrible, une Vénus chrétienne, si le péché contre nature de cet accouplement de mots était possible !
Ce n’est plus, en effet, l’immarcescible Beauté seulement préposée aux joies terrestres, aux excitations artistiques et sensuelles telle que la salacité plastique de la Grèce la comprit ; c’est l’incarnation de l’Esprit du Mal, l’effigie de l’omnipotente Luxure, l’image de l’irrésistible et magnifique Satanesse qui braque, sans cesse aux aguets des âmes chrétiennes, ses délicieuses et maléfiques armes.
Telle que Wagner l’a créée, cette Vénus, emblème de la nature matérielle de l’être, allégorie du Mal en lutte avec le Bien, symbole de notre enfer intérieur opposé à notre ciel interne, nous ramène d’un bond en arrière à travers les siècles, à l’imperméable grandeur d’un poème symbolique de Prudence, ce vivant Tannhæuser qui, après des années dédiées au stupre, s’arracha des bras de la victorieuse Démone pour se réfugier dans la pénitente adoration de la Vierge.
Il semble en effet que la Vénus du musicien soit la descendante de la Luxuria du poète, de la blanche Belluaire, macérée de parfums, qui écrase ses victimes sous le coup d’énervantes fleurs ; il semble que la Vénus wagnérienne attire et capte comme la plus dangereuse des déités de Prudence, celle dont cet écrivain religieux n’écrit qu’en tremblant le nom : Sodomita Libido.
Mais bien qu’elle rappelle par son concept les allégoriques entités du Moyen-Age, elle apporte en sus un piment moderne, insinue un courant intellectuel de raffinement dans cette masse de sauvages voluptés qui coulent : elle ajoute, en quelque sorte, des sensations exaspérées au naïf canevas des anciens âges, assure plus certainement enfin, par cette exaltation d’une acuité nerveuse, la défaite du héros, subitement initié aux lascives complications de cervelle du temps épuisée où nous sommes.
Et l’âme de Tannhæuser fléchit, et son corps succombe. Inondé d’ineffables promesses et d’ardents effluves, il tombe, délirant, dans les bras des polluantes Nuées qui l’enlacent ; sa personnalité mélodique s’efface sous l’hymne triomphant du Mal — puis la démoniaque tempête de la chair qui rugit, les éclairs sulfureux et les jets phosphoriques qui grondent dans l’orchestre s’apaisent ; l’incomparable éclat de ces grands cuivres qui semblent une transposition des aveuglantes pourpres et des somptueux ors de Delacroix, s’affaissent — et un susurrement d’une ténuité délicieuse, un frôlement presque deviné de sons adorablement bleus et aériennement roses, frissonne dans l’éther nocturne qui déjà s’éclaire. — Puis l’aube apparaît, le ciel hésitant blanchit comme peint avec des sons blancs de harpe, se teint de couleurs encore tâtonnantes qui peu à peu se décident et resplendissent dans le magnifique alléluia, dans la fracassante splendeur des timbales et des cuivres. Le soleil surgit, s’évase en gerbe, crève l’horizon dont la barre s’élargit et monte ainsi que du fond d’un lac dont la moire fulmine sous les rayons qu’elle répercute. Au loin, plane le cantique intercédant, le cantique augural et fidèle des pèlerins, détergeant les dernières plaies de l’âme épuisée par la diabolique lutte ; — et, dans une apothéose de clarté, dans une gloire de Rédemption, la Matière et l’Esprit s’élancent, le Mal et le Bien se lient, la Luxure et la Pureté se nouent avec les deux motifs qui serpentent, mêlant les baisers épuisants et rapides des violons, les éblouissantes et douloureuses caresses des cordes énervées et tendues, au choeur auguste et calme qui s’épand, à la mélodie médiatrice, au cantique de l’âme maintenant agenouillée, célébrant la définitive submersion, l’inébranlable stabilité dans le sein d’un Dieu.
Et tremblant et ravi, l’on sort de la vulgaire salle où le miracle de cette essentielle musique s’est accompli, emportant avec soi, dans un nécessaire recueillement, l’indélébile souvenir de cette admirable ouverture de Tannhæuser, de ce prodigieux et initial résumé de l’immense grandeur de ses trois babéliques actes.
—  Joris-Karl Huysmans (1848-1907), L’Ouverture de Tannhäuser (Revue Wagnérienne, 08/IV/1885)