gouvernement

Composition du nouveau gouvernement Valls.

Arnaud Montebourg, ministre de l'économie et du redressement productif 
Ségolène Royal, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.
Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international.
Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur
Jean-Yves Le Drian, reste ministre de la défense.
Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt.
Sylvia Pinel, ministre du logement et de l'égalité des territoires.
Aurélie Filipetti, ministre de la culture et de la communication.
Marilyse Lebranchu, ministre de la décentralisation, de la réforme de l'Etat
Najat Valaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports.  
François Rebsamen, ministre du travail, de l'emploi et du dialogue social. Marisol Touraine, ministre des affaires sociales.
Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics.
Benoît Hamon, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Christiane Taubira, garde des Sceaux.
Georges Pau-Langevin, ministre des outre-mer.

Parité parfaite !

youtube

Génialissime réponse artistique de Solenn Denis suite aux “Conseils aux femmes” rédigés par le gouvernement. 

Je suis absolument fan! C'est esthétique, bien écrit/réalisé et surtout: tellement juste et touchant!

Texte Solenn Denis


J'accuse la peur, j'accuse les discours étatiques visant à maintenir la femme dans l'assurance qu'elle est une proie faible de par sa condition même de femme et qu'elle ne peut lutter contre cela, autrement qu'en se calfeutrant et renonçant à tout dangers possibles. Je dis que la vie est danger. Je dis que la vie est le jeu et que le jeu en vaut la chandelle. Je dis que la liberté à un prix, celui du risque. Je dis que le risque, ne doit pas être négligé, ni pour autant exacerbé dans le but inconscient de maintenir la femme dans une position de dominé. Je dis que la société, en martelant à la femme qu'elle doit se méfier de la nuit, des hommes, des agressions, des couteaux entre les dents, entre les cuisses, fait une grave erreur. Les femmes savent, elles savent tout déjà. Elles sont nées avec l'angoisse de leurs parents et famille, à les laisser sortir la nuit. La peur est intégrée déjà. Malgré nous. La nuit. Marcher seule. La nuit. Et je ne dis même pas la nuit en jupe sale petite pute tu cherches hein, même pas la nuit un peu ivre, je ne dis même pas. Je dis la nuit. Tu es la proie. Tu es la femme. Tu l'as intégré. Malgré toi. Tu es coupable de ce qui peut t'arriver de pire. Coupable, voilà le couperet. Quelque part, on te donne cette responsabilité là. Parce que tu es une femme, le pire peut arriver. Faible. Naïve. Chair à vol, viol, violence. Chair à vif. Hein ? Tu entends ça ? Tu l'entends depuis toujours. Et maintenant c'est devenu une petite voix à l'intérieur de toi. C'est elle la plus vicieuse. Elle qu'il faut défoncer à coups de lattes, de bûchers. La brûler vive la voix. Et aller libre, ton choix. Car la peur il faut la déconstruire. Le cœur battant peut-être, déconstruire. Ça se refuse la peur, ça se maîtrise. Sans être tête brûlée. Non, pas se mettre en danger. Juste rationaliser un tout petit peu. Le danger existe bien sûr. Il est corollaire à la vie. Mais les mots : femme tu es faible. Non. Pas d'accord. Ne pas se soumettre à ce précepte de faiblesse. Ne pas tolérer que l'État puisse tenir de pareil discours. Je peux apprendre à me défendre. Je garderai les yeux en l'air, ne pas les baisser. J'irai où je le souhaite, et en dansant sur les trottoirs si ça me chante. Je veux des encouragements, et non pas ce conditionnement à se voir comme une pauvre proie, et j'exige la liberté qui m'est due de circulation, de paroles, de gestes et d'actes.