Froisser

« Décidément, le deuil met le monde en mouvement. » Cette phrase de Pierre Fédida tournoie en moi depuis que je l’ai lue une première fois et depuis, elle ne cesse pas d’agir et de se ramifier. Je l’avais présente à l’esprit quand j’accompagnais les familles endeuillées, je la citais parfois. Je l’associe à cette autre de Fernando Pessoa : « Vivre, c’est perdre. » Douleur, deuil, désir, joie. En écho à celle-ci de Filliou : « La joie, c’est l’accélération de la tristesse. »  Et enfin, cette phrase d’Héraclite, qui fédère les artistes  du mouvement Fluxus, éclaire leur jeu, ouvre un champ d’action entre art et vie, travail et jeu : « Toute l’existence passe par le flux de la création et de la destruction. »
Toutes ces phrases sont des incitations à agir, elles creusent un espace et un temps dans lesquels nous pouvons nous faufiler. Il s’agit dès lors de transformer la douleur en joie : le vide-plein, la-vie-la-mort. Une danse, une ritournelle. À partir du moment où la peur de perdre me quitte, à partir du moment où des vents contraires me traversent, je suis bien obligé de me déplacer, de faire un pas, un saut. Et de rigoler ma vie.
C’est ce que j’éprouve lors de la préparation de l’exposition « Perdre pied » à Arcueil. Frôler une nouvelle fois le vide, la panne, et puis, froisser du papier journal, et cette fois-ci ce n’est pas la figure figée du Christ qui apparaît, mais une ribambelle de bonshommes qui dansent et se torsadent.
Au début de l’été, je me promène au jardin des Tuileries, me dirige vers le carrousel du Louvre, regarde le sol, et tombe sur cette croix en papier journal, nouée avec du scotch transparent. Le geste m’émeut, je reconnais quelque chose, je la ramasse. Et quelques semaines plus tard, je reproduis le geste avec mon stock de Libé que j’avais conservé dans ma cave, parce qu’à la une de chacun était imprimée la photo d’un mort : Gilles Deleuze, Marlon Brando, Cartier-Bresson, Marguerite Duras, Pina Bausch… Je ne relirai pas ces nécrologies, je n’ai qu’à en faire quelque chose. Je ne dessine plus avec un crayon sur du papier. Si je veux recouvrer l’énergie barbare de l’enfance, il me faut froisser le papier et laisser venir les bonshommes, et laisser remonter le mouvement de la danse. C’est ainsi que ces figures sautillantes se retrouvent épinglées sur les murs de la galerie Gonzalez à Arcueil, en contrepoint des vidéos où je gambade, glisse, chute sur le sol.
Au moment où j’écris sur la vitre recouverte de blanc de Meudon « PERDRE PIED », je m’applique à tracer chacune des lettres avec mon doigt : ça tremble, ça penche, c’est pas grave, je grimpe sur mon escabeau pour poursuivre la tâche de recouvrement des parois vitrées avec des affiches blanches. Et soudain un rayon de soleil anime les lettres au sol : la phrase apparaît comme en lettres de néon. Et s’évanouit aussitôt au moment de la saisir en la prenant en photo. 

Inévitablement, le bateau se détache et prend le large. On le regarde s’éloigner impuissants. Moment propice pour les chagrins d’amour. On se retrouve envahit, submerger par des millions de sentiments dont on ne sait que faire, ou les ranger, dans une bibliothèque ? Les froisser dans une poubelle ? Les garder en étant constamment sous l’emprise de la nostalgie ? Frustration et haine sont au rendez-vous. Coeur écrasé, démembré, asphyxié, comme un gant que l’on noie sous le robinet et que l’on tord dans tous les sens pour essayer de l’assécher, puis qu’on laisse repentir sur le rebord du lavabo.
" Mais ai-je une âme ? "

J’ai l’âme émotive,
friable,
tempétueuse,
à fleur de peau,
au bord des yeux.
Viens la cueillir entre mes lèvres,
(il suffirait d’un souffle, 
de toi à moi,
de moi à toi).
J’ai l’âme à froisser, à jeter, à redécouvrir, quelques heures plus tard. J’ai l’âme à brûler, ton étincelle devient mon incendie et ravage mes forêts. J’ai l’âme fumée, facile à dissiper. J’ai l’âme à tourments, à vagues folles et à déserts. J’ai l’âme pluie, l’âme brume, l’âme mots.

- Pourquoi tu ne restes pas avec moi ?
- Rester avec toi ? Pour quoi faire ? Regardes-nous on se dispute déjà !
- Mais c’est dans notre nature ! On se bagarre ! Toi tu me traites de salopard arrogant et moi je te dis que tu es une emmerdeuse, Allie ! Ce qui est vrai. À 99% du temps. Je n’ai pas peur de te froisser, ça a été plus fort que toi, tu n’as pas pu t’empêcher de revenir m’emmerder !
- Et alors ?
- Alors ça ne sera pas facile, ce sera même très dur. Il va falloir faire des efforts chaque jour mais je suis prêts à le faire parce que je suis amoureux de toi ! Et je te veux chaque jour, près de moi. Toi et moi pour toujours. Tu veux faire quelque chose pour moi ? Imagine, essaie d’imaginer ce que sera ta vie dans 30 ans, dans 40 ans. À quoi ressemblera-t-elle ? Si tu la vois avec lui, pars. Vas-t’en je t’ai perdu déjà une fois, je le supporterais une autre fois, si c’est vraiment ce que tu souhaites, mais ne choisis pas la facilité.
- Quoi, quelle facilité ? Il n’y a rien de facile quoi que je fasse il y aura toujours une personne qui souffrira.
- Est-ce que tu veux bien arrêter de penser à ce que les autres veulent ? Arrête de penser à ce que je veux ! À ce qu’il veut ! À ce que tes parents veulent ! Qu’est-ce que TU veux ? Qu’est-ce que tu veux ?
- C’est pas aussi simple.
- Qu’est-ce-que-tu-veux ? Oh non d’un chien, qu’est-ce que tu veux ?
- Je dois partir.

”- Pourquoi tu ne restes pas avec moi ?
- Rester avec toi ? Pour quoi faire ? Regardes-nous on se dispute déjà !
- Mais c’est dans notre nature ! On se bagarre ! Toi tu me traites de salopard arrogant et moi je te dis que tu es une emmerdeuse, Allie ! Ce qui est vrai. À 99% du temps. Je n’ai pas peur de te froisser, ça a été plus fort que toi, tu n’as pas pu t’empêcher de revenir m’emmerder !
- Et alors ?
- Alors ça ne sera pas facile, ce sera même très dur. Il va falloir faire des efforts chaque jour mais je suis prêts à le faire parce que je suis amoureux de toi ! Et je te veux chaque jour, près de moi. Toi et moi pour toujours. Tu veux faire quelque chose pour moi ? Imagine, essaie d’imaginer ce que sera ta vie dans 30 ans, dans 40 ans. À quoi ressemblera-t-elle ? Si tu la vois avec lui, pars. Vas-t’en je t’ai perdu déjà une fois, je le supporterais une autre fois, si c’est vraiment ce que tu souhaites, mais ne choisis pas la facilité.
- Quoi, quelle facilité ? Il n’y a rien de facile quoi que je fasse il y aura toujours une personne qui souffrira.
- Est-ce que tu veux bien arrêter de penser à ce que les autres veulent ? Arrête de penser à ce que je veux ! À ce qu’il veut ! À ce que tes parents veulent ! Qu’est-ce que TU veux ? Qu’est-ce que tu veux ?
- C’est pas aussi simple.
- Qu’est-ce-que-tu-veux ? Oh non d’un chien, qu’est-ce que tu veux ?
- Je dois partir.” 

So! Ultimate in France!

First the vocab:

L’entraînement - practice 
Le disque - disc 
Les crampons - cleats 
Le coup droit - forehand 
Le revers - backhand 
Lancer - to throw 
Couper - to cut (this is also how you say to cut in general, like with a knife)

A lot of words are the same though - force, stack. Stalling is still stalling, though you can also say something else1, and break is break, though with a French accent, so it’s actually a bit hard to recognize. They yell “Up” just like we do, though it’s got an accent, so it sounds more like “Oup!” A lot of time things are literal translations - for example, when they talk about the open side, it’s ouvert.

Additionally, some words I have now looked up so that I may better communicate:

Pull (a muscle) - se froisser, se claquer, se déchirer

Beyond vocab: we didn’t do much skillwise. A lot of the players seem a bit new, and they were struggling to master the forehand and trying not to slide around too much in their tennis shoes. When we did scrimmage, we only really cut directly at the disc - presumably because they thought it would be too confusing to introduce actual cutting from a correctly positioned stack.

We’ll see what I learn next week though!

I never actually caught what it was they were saying, but it had something to do with counting.

- Pourquoi tu ne restes pas avec moi ?
- Rester avec toi ? Pour quoi faire ? Regardes-nous on se dispute déjà !
- Mais c’est dans notre nature ! On se bagarre ! Toi tu me traites de salopard arrogant et moi je te dis que tu es une emmerdeuse, Allie ! Ce qui est vrai. À 99% du temps. Je n’ai pas peur de te froisser, ça a été plus fort que toi, tu n’as pas pu t’empêcher de revenir m’emmerder !
- Et alors ?
- Alors ça ne sera pas facile, ce sera même très dur. Il va falloir faire des efforts chaque jour mais je suis prêts à le faire parce que je suis amoureux de toi ! Et je te veux chaque jour, près de moi. Toi et moi pour toujours. Tu veux faire quelque chose pour moi ? Imagine, essaie d’imaginer ce que sera ta vie dans 30 ans, dans 40 ans. À quoi ressemblera-t-elle ? Si tu la vois avec lui, pars. Vas-t’en je t’ai perdu déjà une fois, je le supporterais une autre fois, si c’est vraiment ce que tu souhaites, mais ne choisis pas la facilité.
- Quoi, quelle facilité ? Il n’y a rien de facile quoi que je fasse il y aura toujours une personne qui souffrira.
- Est-ce que tu veux bien arrêter de penser à ce que les autres veulent ? Arrête de penser à ce que je veux ! À ce qu’il veut ! À ce que tes parents veulent ! Qu’est-ce que TU veux ? Qu’est-ce que tu veux ?
- C’est pas aussi simple.
- Qu’est-ce-que-tu-veux ? Oh non d’un chien, qu’est-ce que tu veux ?
- Je dois partir.
—  N’oublie jamais
[…] tes faiblesses sont à moi. je les ai découvertes peu à peu en t’examinant sans trêve. Je souffre que tu aies ces travers mais je ne voudrais pas que tu changes. Je t’en parle quelquefois, en souriant. Je ne voudrais pas te froisser, ni te donner des conseils. Je voudrais que tu saches ce que je sais ; et j’aimerais qu’au lieu d’essayer de ne pas te montrer tel que tu es, tu me dévoiles toutes tes petites laideurs.Je les aimerais, car elles seraient bien à moi. Les autres ne les connaîtraient pas, et c’est par là que nous nous rejoindrions en dehors du monde. Rien n’est plus attachant que les faiblesses et les défauts : c’est par eux que l’on pénètre l’âme de l’être aimé, âme constamment cachée par le désir de paraître semblable à tout le monde.
—  Laissez-moi - Marcelle Sauvageot 
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