Affaire Sami Fehri : Ainsi parlait Lotfi Zitoun…

“Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. » (Article 11 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) Il n’est rien de plus absurde et injuste que d’être condamné sans même avoir été jugé. Comment se fait-il que dans un Etat de droits la sentence venait avant le procès ? Comment se fait-il que la condamnation se substitue à l’accusation sans avoir même plaidoyé son innocence comme le prévoit la loi organique indiquée ci-dessus ? Rappelons tout d’abord les faits : l’affaire de Sami Fahri était liée à la société “Cactus prod” consiste essentiellement en une affaire de corruption financière à travers des contrats publicitaires signés par la société “Cactus prod” et la télévision nationale, durant la dernière décennie et qui a été marquée par des dépassements, d’autant qu’un rapport d’experts-comptables avait indiqué que des dépassements financiers contrevenants aux contrats signés ont été constatés au sujet des espaces publicitaires et des profits générés sans droits. Je signale qu’il ne s’agisse jusqu’à lors que d’accusations, sauf que le conseiller politique du gouvernement, par sa lucidité ubuesque, voyait un peu les choses à sa manière. Il veut donner son avis à tout prix au nom de « la légitimité électorale » et au détriment de la JUSTICE. Sa conduite rappelle Ubu qui criait « Eh bien, mes bons amis, il est grand temps d’arrêter le plan de la conspiration. Que chacun donne son avis, je vais d’abord donner le mien, si vous le permettez. » Ce conseiller prétentieux avait traité le 25 août 2012, sur les ondes d’Express Fm, Sami Fehri de « criminel » et de « menteur » (et bien d’autres insultes qui ne sont pas dignes d’un responsable en fonction d’Etat). Lotfi Zitoun, encore plus grotesque (de naissance peut-être !) que les personnages de Rabelais, fait entendre sa voix dans une interview accordée hier au quotidien ” Achourouk”, où il affirme que le ministre de la justice, Noureddine Bhiri, est “profondément imprégné de l’esprit des lois, un militant qui a subi les pires représailles”. En réalité, cette phrase dit tout et rien ! Personnellement, je pense qu’il est dépourvu de l’esprit de loi, ce ministre et il me semble qu’il ne tient pas compte de ‘’ L’esprit des lois ‘’ de Montesquieu dans lequel nous pouvons lire ceci : « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser (…) Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » (Livre XI, chapitre IV) Nouridine Bhiri abuse du pouvoir comme notre Ubu qui abuse de sa parole vénéneuse et qui précise que ”toutes les pressions, les dénigrements auxquels fait face le ministre ne pourront ébranler ses convictions”. Encore une fois, on fait preuve d’excès de conviction, et tout excès de conviction ramène au dogmatisme, car cette conviction aurait la valeur d’une condamnation, ce qui nous renvoie à l’article 11 cité ci-dessus.”

“Haytham Jarboui”