Demain, en cours, je dirai à mon professeur ses quatre vérités.

Juste après la pause, quand j’aurai avalé mon Cent Waffers (putain, ils m’ont même pas payé pour faire cette pub’), quand le cours aura repris, quand tout le monde sera bien assis sur ces strapontins étroits, je me dresserai.

 

Une fois debout, quand elle m’aura remarqué, que des têtes se tourneront vers moi, je lui dirai que son cours m’énerve. En guise d’explication, je lui balancerai tous les stylos-billes de ma trousse dans la tronche, et qu’importe si elle proteste. Puis je dévalerai les tablettes et les dossiers de mon auditoire, en shootant dans les ordinateurs portables des autres étudiants et en chantant des chansons de Yelle (pas payé non-plus, je pense que je suis trop bon avec les inconnus). Une fois arrivé en bas, je lui sauterai dessus et je lui lécherai le visage. Si je la frappe, elle pourra encore se construire une identité là-dessus, alors non, je vais juste lui lécher la gueule. Avec des morceaux de Cent Waffers ramollis sur le bout de la langue. Quand les autres élèves se rueront sur moi pour me stopper, je prendrai l’extincteur pour incendies et je tapisserai sa face avec, Noël blanc avant l’heure pour les emmerdeurs.

 

Puis les flics débarqueront, deux types un peu bedonnants et âgés. Techniques de ninja pour échapper à leur étreinte et je me retrouve en cavale. Je vole une caisse et de l’eau minérale, faut s’hydrater les enfants. Je prends aussi des chips saveur pickles, j’suis un bonhomme.

 

Je crashe la bagnole, je vole un hélico. Ca doit pas être bien compliqué à piloter ces machins, ils ont pas l’air de trop ramer les gangsters dans les GTA. J’ai des F-16 derrière moi mais rien à foutre : j’ai pris Sarko’ et Hollande en otage à l’arrière, on peut pas me tirer dessus. Je reprends vite fait une pilule d’ecstasy et des Smarties pour pas perdre de l’altitude et Nicolas a réussi recracher son bâillon. Il en profite pour me sermonner l’enculé :

 

-         « Mais pourquoi tu fais ça ? »

-         « J’ai tout fait dans ma vie gamin, sauf aller en taule. »

-         « Fais pas d’connerie. »

-         « Trop tard. »

-         « T’as pas honte ? »

 

Là c’est un peu la merde parce que François aussi a réussi à se débarrasser de son bâillon, et il s’y mettent à deux.

 

-         « Putain, t’as vraiment pas honte ? »

-         « Honte de quoi bande d’éponges à foutre démagogique ? »

-         « De présenter à tes abonnés une histoire aussi stupide et décousue ? »

-         « Non, notre amour est au-dessus de tout ça. Vous, vous vous tapez des mannequins et des stars de cinéma, mais c’est juste pour le sexe. Eux et moi, c’est genre Roméo et Juliette mais avec des lasagnes et plus de sexe en prime. V’pouvez pas comprendre. »

 

Là, je penche le nez de l’hélicoptère vers le bas, on survole Bruxelles, Bruxelles dont les métros sentent la pisse mais foutreciel, que ses dürüms sont bons. Crash prévu dans cinq, dans quatre, dans trois…

J’enfile mes lunettes de soleil, j’allume un bâton d’encens et je lâche :

 

-         « Rien à foutre les gars, Schadenfreude a passé le cap des 250 abonnés. Plus rien n’est vrai. Le mensonge fille à toute vitesse dans nos artères. Plus rien n’est faux. Je dis que de la merde ce soir. Merci à tous mes chéris, mes schadenfreudiennes en chocolat et mes schadenfreudiens en sucre. Z’êtes des héros. ».

 

 

4

From the French finale lyrics, which are amazing

          Join in the crusade of those who believe in the human race
          For each barricade that falls a hundred others will rise tomorrow
          At the will of the people a drum sings in the distance
          It comes to announce the grand day and that’s tomorrow

4
I live my life in BITTERNESS
And fill my heart with EMPTINES
I'm done with trying to have it all
And ending up with not much at all

 ”Fear and Loathing” by MARINA & THE DIAMONDS.

Victor Hugo, "Demain, dès l'aube"

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

—- 


Tomorrow, at dawn, at the hour when the countryside is alit,
I will leave. See here, you know what I must do.
I will go through the forest, I will go across the mountain.
I will not remain far from you for long.

I will trudge on with eyes fixed on my thoughts,
Without seeing what it outside of me, without hearing any noise,
Alone, unknown, bent, with crossed hands,
Sad, and the day will be for me as night.

I will not notice either the golden sunset as night falls,
Nor the distant mist which descends over Harfleur,
And when I arrive, I will place on your grave
A bouquet of holly and heather in bloom.

Translated by Gary Bachlund

(submitted by thefutureoftheworldhangsonyes

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