Apprentissages ultimes dans la brousse (1/2)

La limite temporelle de mes sorties en solitaire est atteinte. Malgré la renforcement de ma résistance physique, il devient impossible de supporter une charge et d’équipement et de 10 jours de nourriture. C’est ce maximum qu’il m’avait été donné d’atteindre dans les hauteurs du Pérou tant dans la Cordillère Blanche que dans la région de Cusco. Or, je ne veux pas m’en tenir à cette limite physique. Il faut que je puisse la repousser encore plus loin. Dans un milieu agressif comme la haute montagne ou la jungle profonde, je dois pouvoir assurer mon autonomie bien plus longtemps. Ainsi, la clef de la liberté accrue réside dans l’apprentissage de techniques fondamentales de survie. Dans ces conditions, je devance le destin. Je me confronte à la survie avant que le destin ne me l’impose.

C’est pour cette raison que je me rapproche de la jungle qui borde la métropole de Manaus. A plus de 200 kilomètres au Nord du "Paris des tropiques", la grande brousse (mato) foisonne à perte de vue et dans toutes les directions. C’est donc l’espace idéal pour passer une douzaine de jours avec de véritables brasileiros del mato. Ces hommes robustes, durs et rustiques, peuvent me prodiguer les techniques de base de la survie dans les domaines qui m’intéressent. Le campement, l’approvisionnement (cueillette, chasse, pêche) ou encore le déplacement font partie de ces savoirs fondamentaux pour l’avenir. C’est ainsi que je parviens à trouver un guide qui m’accompagne dans ce chaos forestier. Nous demeurons ensemble 4 jours dans le mato. Avec de l’outillage de pêche et un fusil de chasse Stevens, il me laisse en autonomie dans un campement créé par mes soins. Je passe 6 jours dans la solitude quasi-totale de la brousse brésilienne. Cette expédition radicale dépasse les frontières du tourisme d’aventure : elle me confronte à la rançon mortelle de l’aventure [Cf. Apprentissage ultimes dans la brousse (2/2) et Cf. La rançon mortelle de l’aventure]

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