artiste-conceptuel

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I recently participated in a video game project as a concept artist. The illustrations were used as inspiration for a CGI rendering. The game is a collaboration between NFB interactive and Minority (the creators of Papo & Yo) and should be released this fall on iPad / iPhone / Android.

Dernièrement, j'ai participé à un projet de jeu vidéo en tant qu’artiste conceptuel. Les illustrations ont servi d'inspiration à une modélisation 3D. Le jeu est une collaboration entre le studio interactif de l’ONF et Minority (les créateurs du jeu Papo & Yo). Il devrait être disponible cet automne sur iPad / iPhone / Android.

Douglas Gordon « Pretty much every film and video work from about 1992 until now »

Static Gallery, Liverpool, 2011. Courtesy Studio lost but found, Berlin. © Studio lost but found / ADAGP, Paris 2014


Douglas Gordon, artiste conceptuel né à Glasgow en 1966, manie aussi bien l’art vidéo que la photographie, la performance ou encore la production artisanale de miel, dans laquelle il s’est plus récemment lancé à Berlin.  C’est en 1998 que l’installation « Pretty much… » voit le jour, à l’occasion d’une exposition à la Foksal Gallery de Varsovie.  Après avoir fait un petit tour du monde (Hayward Gallery, Londres, 2002 ; Galerie Yvon Lambert, Paris 2003 ; SF MoMA, San Francisco 2007 ; Aéroport de Cork, 2011 ; Akademie der Künste, Berlin 2012, Tel Aviv Museum of Art, 2013), la compilation de toutes les vidéos de l’artiste de 1992 à aujourd’hui, acquise par le Musée d’Art Moderne en 2003, retrouve Paris enrichie  de 43 œuvres.

        Se plonger dans l’installation de Douglas Gordon, c’est un peu comme se laisser engloutir dans les abysses du musée pour mieux appréhender une expérience à la fois personnelle et sensorielle, presque transcendante : renouer avec ses propres souvenirs et son inconscient, au sein d’une conception temporelle singulière à laquelle l’œuvre elle-même semble étrangère. Redéfinir, voire dé-définir le temps et la mémoire. Celle de l’artiste, et la notre.

        « Pretty much… » est donc une ballade déroulant, à l’aide de 101 écrans de télévisions disposés sur autant de cartons d’emballages de bières, le fil – voire même le film – de notre intériorité. Dans cette perspective, Douglas Gordon a recours à de nombreux éléments de la culture populaire. Tout d’abord le cinéma, avec notamment 24 Hour Psycho (1993), un ralenti du célèbre film d’Alfred Hitchcock qui invite le spectateur à anticiper la narration du scénario en faisant appel à ses propres souvenirs. Mais aussi la musique, avec les différents « bootlegs », enregistrements pirates lors de concerts des Cramps et des Smiths, qui confrontent la foule – et donc le spectateur – à deux personnalités singulières. L’exubérante, Lux Interior, et l’introvertie, Morrissey.

        Certains écrans présentent également des références directes à quelques artistes qui auront marqués, à leur manière, l’œuvre de Gordon : Marcel Duchamp, Andy Warhol ou encore Lou Reed. Et c’est avec la vidéo Douglas Gordon sings the best of Lou Reed & The Velvet Underground  (1993) que l’artiste renoue avec une certaine forme de la performance, allongé, les yeux clos, fredonnant Perfect Day.

        Réduire la distance entre réel et fiction, entre le conscient et l’inconscient. Décortiquer à l’aide d’images et de symboles le langage de la mémoire. L’installation de Douglas Gordon, dans sa forme d’œuvre d’art totale infinie dans le temps comme dans l’espace, laisse le spectateur libre de ses choix et de son expérience : quelles images regarder, quel parcours emprunter… Le spectateur comme seul juge face aux souvenirs qu’il décide – ou non -de faire ressurgir.