0 kilo

Mon blog s’appel 0 kilo pour une raison bien précise.

AVERTISSEMENT: Si ça t’intéresse pas, si tu sais tout sur les troubles alimentaires, si toi quelqu’un qui parle de ses problèmes et ses émotions ça te fait chier, PASSE.

On dit que la dépression est une maladie, les troubles alimentaires aussi.

Facile à deviner: je souffre de trouble alimentaire. Ce fameux trouble alimentaire qui confère à la nourriture un caractère vraiment effrayant.   La nourriture me fait peur. J’ai peur de trop manger, de pas manger, de manger, de regarder de la nourriture, de vomir, de ne pas vomir, de prendre du poids, de perdre du poids, de mon corps, des autres. 

Wow, tu dois te dire que c’est pas mal paradoxal tout ça. Eh bien oui, oui un trouble alimentaire c’est paradoxal. Ça te gruge de l’intérieur sans jamais te lâcher. C’est un peu comme ton petit frère ou sœur que tu dois surveiller quand t’es jeune. Il veut pas te laisser seul, il reste collé sur toi même quand tu veux passer du temps avec tes amis. Et toi, parce que maman et papa ton obligé à rester avec, tu dois le subir et t’occuper de lui, même quand tes amis veulent faire une sortie; toi tu dois rester à la maison pour surveiller ce maudit petit monstre là. C’est pas un choix, ça t’ait tombé dessus sans que tu le demandes.

Ça fait 7 ans. De chute et de rechute. De regrimper les échelons à chaque fois pour retrouver la santé ou de résister à une faim cannibale qui me dévore des mois de temps. Imagine-toi avoir faim constamment. À chaque instant de ta vie tu penses à manger et à chaque instant de ta vie, tu penses à éviter de manger. Que tu résistes ou pas, tu te plonges dans un état mental qui te détruit, et lentement, d’autres petites bêtes s’installent. La dépression, l’isolation, la colère et même que des fois tu te punies pour tes agissements (t’as trop mangé ? coupe toi ! t’as pas mangé ? coupe toi !). Finalement, tu as un beau bagage. Chaque jour, chaque repas, ce paquet de pensés reste avec toi. Et puis tu fond, tu grossi; tu n’es plus toi même. C’est dommage mais ta maladie a envahie ta vie et y-a pas une pilule qui arrange ça. Tu peux pas la faire disparaître en un claquement de doigts comme tes proches voudraient. Tu dois te battre.

7 ans que j’ai laissé ce trouble s’installer. 

Moi j’aime manger. J’adore cuisiner. J’aime la vie. Du moins, j’essaie.

Mais je me lève le matin en essayant d’éviter mes trois repas par jour. Je regarde les autres filles et je me compare. Je veux être petite, je veux être toute petite, je veux disparaître et je laisse cet énorme monstre me dévorer pour atteindre 0. Je rêve de voir la balance m’indiquer 0. Wow Achivement Unlock ! Ça donnerait quoi ? Reine des squelettes ? Et pour quoi ? Parce que la fille dans le magasin elle porte taille 00000XXXSmall ? 

«Yeah ! À 21 ans je ressemble à une fille de 12 ans. Génial !»

C’est pas logique cette maladie. Ça te rend un peu stupide. Que tu le veuilles ou non. Que tu le vois ou non.

J’ai pas décidé d’être comme ça. Y-a pas un matin ou je me suis levée en me disant :« Aujourd’hui, j’arrête de manger ! J’ai vraiment envie de ressembler à un petit rat avec des yeux trop gros pour ma face. Messemble que je serais belle». Non, moi je trouve les corps musclés et tout en courbes superbes. J’aimerais ça avoir plus d’énergie qu’une nouille de spaghetti et pouvoir lever plus que mon dentifrice. J’ai plus envie d’inventer des excuses pour éviter un repas :« Je suis a jeun, j’ai une prise de sang demain » ou  « Je peux pas sortir, je dois surveiller le furet de ma colocataire ». J’aimerais ça pouvoir me regarder dans un miroir, messemble que ça fait des années que je ne me suis pas trouvée belle.

0 kilo pour l’instant c’est ce qui trotte dans ma tête. Je dois juste me rappeler que je suis autre chose que ma maladie. 

Mercredi 27 Juin.

Demain, je fête mes dix-huit ans, enfin. Et avant ça, je voulais vous parler de ma maladie, une maladie qui touche énormément de personne : L’anorexie.

En réalité, je suis anorexique, boulimique et vomisseuse. C’est-à-dire qu’il m’arrive aussi bien de ne rien avalé que de m’empiffrer de gâteaux et tout autre genre d’horreur et de tout vomir après.

J’ai commencé à vouloir maigrir il y à environ un an, fin août 2011. Au départ, je voulais perdre 5 kilo. Pour ça, j’ai commencé par réduire d’une très légère façon mes rations. Au fur et à mesure, j’ai fini par me contenter de 100 ml de soupe déshydraté de soir, une demi pomme le matin et une tomate le midi. Les calories étaient devenues ma nouvelle vie, je tournais au alentours de 500 par jours; je ne pouvais supporter plus. Bien sûr les gens autours de moi me faisaient des réflexions sur ma maigreur alarmante mais qu’avaient-ils à s’occuper comme ça de ma vie, je maitrisais, du moins, je pensais maitriser.

Un jour, ma mère, m’a annoncé qu’elle avait pris rendez-vous chez le médecin pour moi. J’ai eu peur, énormément peur. Je me suis empiffrée de tout ce que je pouvais trouver; pour moi c’était clair, je n’étais pas malade, j’étais capable de manger et j’allais le prouver. J’étais devenue boulimique.

Le jour ou j’ai commencer à vomir à été sans aucun doute ma descente aux enfers d’où je tente désespérément de me sortir maintenant. Je pouvais manger ce que je voulais puisque j’étais capable de tout vomir après. Je suis passée par des dizaines de méthodes différentes, toutes plus efficaces les unes que les autres. La seule crainte qui me rongeais, c’était de grossir. Prendre 500 grammes me tuais. Un jour j’ai fait une crise, je n’ai pas su vomir, j’ai pris une boîte complète d’un anti dépresseur puissant et j’ai passé une semaine à l”hôpital.

Depuis j’ai découvert un groupe de parole basé sur le principe de rétablissement des alcooliques anonyme. S’il est vrai qu’au début, ça me faisait énormément de bien de pouvoir parler de mon problème avec des personnes qui avait le même et qui me comprenaient sans chercher, d’aucune façon à me juger, maintenant, je ne m’y plait plus. Je régresse. Je ne veux plus guérir parce que la peur de grossir est plus forte que tout… Et pourtant, je veux toujours guérir. C’est le problème du paradoxe. Je sais que je vais “mieux” parce que mes séances de sport éprouvantes, de plus de 5 heures par jours, ont largement diminué et pour moi, c’est déjà un très grand pas vers l’avant. De plus, je ne vomis plus chacun de mes repas et il m’arrive de vivre des journée sans crise… Malheureusement pas aujourd’hui.

Je veux aller mieux, je veux être capable de vivre chaque instant de ma vie. Je veux manger sans m’en préoccuper. JE VEUX VIVRE !

Chaque jour, je me dit “OK, tu manges comme tu veux et tu assumes, tu ne commences pas à tout vomir, l’idée c’est d’abord de ne plus vomir”. Et tout les jours ça marche, une fois, deux fois et puis un repas me pousse à craqué et hop, on recommence tout. J’en suis, à l’instant où j’écris à 0 repas sans vomissement. Je compte sur ma majorité pour m’apporter un nouveau départ… Je compte sur moi pour me convaincre de ce que je suis capable de faire. Je compte sur mon entourage pour rester là, quoi qu’il arrive…

Ce n’est qu’un cours témoignage et je pourrai en rajouter pendant autant de temps qu’il ne m’en reste. Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à me le demander. De même si vous être également malade et que vous voulez entrer en contact avec moi, je reste toujours là.

Merci.

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