accroupi

le voile sur les seins et les petits frissons dans le cou
je m’étire comme un chat
et les cils qui s’étendent et l’envie de fuir
les nuits trop claires qui courent sur le dos comme les doigt d’un inconnu
il pleut déjà des chagrins
et j’ai la sensation d’un trop plein qui m’encombre
je veux fermer les portes et rester accroupie sur le parquet des heures
en laissant couler le temps sur la peau
j’ai la présence qui me presse et l’absence déjà qui m’attriste
alors je garde les mots sous la langue et je vais pleurer sous l’eau chaude

"Mon amour des félins est en rapport avec une préférence pour les univers de tranquillité. Il suffit de voir un chat silencieusement accroupi sous un massif de fleurs et guettant d’un oeil farouche toute plume et toute proie à sa mesure et soudain l’on désire posséder cette nonchalence dans l’inaction, cette énergie contenue, ce calme des dieux de l’ombre."

Gilles Barbedette

Good evening Vietnam
22 février 2015

Ça y est. C’est ici, à Ho Chi Minh Ville, que nous nous apprêtons à quitter le Vietnam après y avoir voyagé pendant 29 jours intenses.

Demain matin, nous ferons nos adieux à ses milliers de motocyclistes, à ses badauds à la voix pincée et nasillarde nonchalamment accroupis dans ses ruelles étroites, à ses panneaux de propagande communiste, à son marteau et à sa faucille, à ses fans de karaokés, à ses trottoirs où sont exposés crabes, crevettes, poissons et anguilles qui tentent de se faire la belle à longueur de journée dans un ballet tout tortillé, et à ses soupes Pho Bo de nouilles de riz ou ses Luk Lak de bœuf flambé.

Nous saluerons bien bas ses rizières infinies, sa moiteur qui flâne dans l’air qu’importe la couleur du ciel, ses mamies édentées qui sourient comme les créneaux d’un vieux château quand on tente un merci dans leur langue, et ses innombrables statuettes de Bouddha qui, qu’il soit assis au pied d’une maison, perché sur un comptoir ou vissé au-dessus de la télé, a droit à son quota de nicotine quand on lui offre, avec son Coca ou son café, une cigarette plantée sur un bâton d’encens à moitié consummé.

C’est aussi ici que nous quittons Pomme et Jean-Ga, deux baroudeurs belges qu’on a croisés et recroisés depuis l’épisode Laos, mais qu’on ne reverra probablement plus avant la Belgique. Snif: Jean-Pomme et Gars, vous allez nous manquer… Merci pour tout, du fond du palpitant.

Enfin si notre soleil se couche sur le Vietnam, il se lève sur un nouveau pays dont on vante tant les merveilles… Demain, nous nous envolons pour le Myanmar, ex-Birmanie, gonflés à bloc par l’adrénaline et l’excitation face à un nouvel inconnu…

On pense beaucoup à vous,

G&C

Insanity, Jour 10

Coucou tout le monde ! 

Je continue donc mon périple Insanity avec mon bourreau Shaun T… Ce sont toujours les mêmes exercices qui reviennent et je me donne à fond. La première partie de l’entrainement s’est bien déroulée jusqu’au retour de ma bête noire : les DRILLS !!! C’est un enchaînement qui consiste à se mettre en position de pompes, en faire 4 ou 8, puis courir au sol, se mettre accroupi, sauter, puis se remettre en position de pompes etc… Un ENFER !!! 

Au début j’arrivais à le faire plus ou moins lentement mais plus les jours passent, plus je trouve mon corps dur à déplacer… Je viens donc de trouver la solution sur Youtube! Cliquez ici pour modifier ce mouvement, le faire avec moins de difficultés. Ce sera plus lent mais au moins je ne raterai plus toute cette partie car ça me faisait culpabiliser ! 

Demain mon workout favori : “Cardio recovery" (l’entraînement de feignasse hihihi) ! Bon plus que 53 jours !!! 

L’OMBRE NOIRE ou LA MORT.



L’obscurité me fait peur.

Nu,
Seul,
Dans le noir,
Je suis à l’affut.

Je frissonne.

Des bruits de pas résonnent.
Ils s’approchent.

Mon sang se glace.

Mon souffle se fait plus lent.
Les battements de mon cœur ralentissent.

Je m’asphyxie.


Je m’accroupie sur le sol froid.

La pénombre devient mon alliée.

Les pas cessent :

- “Suis-moi, mon ami, c’est ton heure !”

Didier Desmet. Février 2015

Tu ne seras plus là..

C’est ainsi que mon seul remède est mon encre fondu dans cette feuille blanche pale et mes larmes flameuses coulantes sur mes joues. Je suis réstée dans cet endroit desert, toute seule, accroupie dans un coin avec mon seul ami; le papier. Je pense et je n’arrêterais jamais à penser que tu ne seras plus là, tu ne seras plus près de moi, je le sens et je le sens de toute mes peines que je serais seule, tu me manques, ton odeur ivre me manque, ton rire me manque, tes yeux tes mains, mon tout en toi me manque. Je ne laisserai jamais mon histoire gravée dans mon coeur s’efface jusqu’à l’oublie parce que rien ne sera oublier, je ne t’oublierai jamais. Chéri, je n’ai jamais promis quelquonque une promesse et je te promets toi, mon amour que je serai là à t’attendre..

20-02-15

 La fin de ma psychanalyse approche. Les séances s’espacent. J’ai rendez-vous avec une guérisseuse qui a des pratiques étranges un peu chamaniques. Je me place dans la longue file de gens venus la consulter aussi, qui longe la grille d’un parc. La guérisseuse se tient debout derrière un comptoir haut et étroit, au bout de la file. Tandis que je patiente, je me demande ce que je vais pouvoir lui dire car je suis lasse de raconter ma vie. Soudain, un bruit au-dessus de ma tête vient distraire mes cogitations. Ma voisine et moi levons la tête pour apercevoir, accroupi sur une branche, un gros oiseau, mi mammifère, mi volatile, une sorte de dodo. Il nous observe impassible. Arrive enfin mon tour. J’ai à peine le temps de déballer mon histoire – la fin de mon analyse etc…- qu’elle m’interrompt en me demandant des nouvelles de mon jardin. Celui-ci sort tout juste d’un long hiver et fait grise mine. Elle me tend alors une notice sur une feuille de papier où est détaillée la marche à suivre illustrée par de petites vignettes dessinées.

 « Inutile de revenir me voir tant que vous n’aurez pas fait tout ceci !»

 Sur la notice, on peut lire :

-        Acheter des vers de terre encore en cocon.

-        Les placer dans un pot de terre

-        Attendre l’éclosion des vers

-        Planter les vers en pleine terre un peu partout dans le jardin.

-        Laisser les vers nettoyer et aérer toute la terre du jardin.

Je relis encore une fois la notice, un peu frustrée par cette réponse totalement inattendue. Je ne sais pas quand j’aurai le temps d’aller acheter ces foutus vers en cocon. M’occuper de mon jardin est le cadet de mes soucis. Plongée dans mes ruminations, je chemine jusqu’à ma voiture dont je soulève le hayon arrière. L’intérieur du coffre est tapissé de givre comme un compartiment de congélateur. Je dégage à mains nues les plaques de givre qui se brisent en tombant sur le bitume. Un ami me rejoint et me montre son doigt blessé. Je découpe soigneusement un petit rectangle de compresse que m’a tendue mon mari. Je remarque alors des taches de pus jaune sur la compresse blanche. L’incompétence de mon mari me met en colère. Je me débrouille toute seule pour dénicher une compresse propre et stérile et un tube de crème bactéricide. Mon ami m’en est très reconnaissant. Tout cela me détourne de mon jardin…

Hier quatre personnes sont montées sur le toit d’en face.
Deux costards cravates et deux tailleurs mocassins vernis.
Tous les quatre tirés par quatre épingles.
Je les voyais de loin et à travers la fumée de ma clope.
Mais il y avait du vent et leurs cheveux ne bronchaient pas.
Enfin l’un d’eux n’avait plus que la moitié de ses cheveux.

Ils sont montés tour à tour sur le toit.
Puis ils étaient tous les quatre dessus.
Le plus vieux aimait même jouer au cowboy.
Il est le seul à être allé sur le bord où il n’y avait rien à faire et à voir.
Les trois autres ont déniché un nid de mouette.
Ils se sont accroupi à trois pour défaire le nid.

Ils sont montés avec smartphones, carnets et crayons.
Ils ont pris des photos, noté des choses et le reste.
Je me suis dit je veux ce boulot-là.
Te faire beau pour nettoyer les toits des nids de mouettes.
Une fois tous les deux ans.
Avoir l’air d’un dur, d’un cowboy sur un toit.
De loin, on voit pas que tes jambes tremblent un peu.

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Au nom du corps

"Elle achetait des livres qui lui parlaient de spiritualité, d’unité, d’émotions positives, de lumière et d’amour inconditionnel. Elle essayait de toutes ses forces d’être parfaite, et de l’atteindre ce ciel que ces récits décrivaient ! Elle essayait de gommer ses ombres, pour atteindre cette lumière. Elle essayait d’être joyeuse alors qu’elle était souvent triste. Elle essayait d’être linéaire alors que tout en elle n’était que chaos et tsunami. Elle essayait d’être calme alors qu’elle sentait la tempête. Elle tentait de répondre à ce que ces sages écrivaient. Mais, plus elle lisait, plus elle essayait ; et plus elle échouait. Elle restait immuablement humaine et duale, avec ses émotions paradoxales. Elle était l’inverse de tout ce qui était écrit. Et s’écroulait donc accablée et accroupie. Pourquoi donc n’était-elle pas parfaite comme tous ces gens qui savaient, qui étaient des êtres illuminés et éveillés ?! 

Épuisée, elle alla se coucher et se mit à rêver. En songe, elle vit une grande salle : d’un côté des hommes cravatés et même certains sages ; de l’autre des musiciens, chanteurs et poètes délurés dans un vaste bordel coloré. Les cravatés ne pouvant tolérer une telle pagaille partirent sur le champ ! Et il ne restait dans cette salle que tous ces gens étonnants ! Surprise au réveil elle comprit. 

Elle mit de côté tous ses livres, et décida de vivre ! Elle accepta alors toute son humanité, ses sautes d’humeur et son cœur parfois fermé. Elle accepta toutes ses parts et sa dualité ! Et grâce à cela, elle trouva enfin son unité. Son cœur s’ouvrit alors en corolle, car elle ne jouait plus aucun rôle. Pour une fois elle s’aimait, même si rien n’était parfait. Elle aimait même tout ce qu’elle avait tant cherché à masquer toutes ces années. Elle arrêta donc de se faire violence, et entra dans sa propre danse. Elle n’écouta plus les savants, mais son élan vibrant. Elle devint une femme sauvage capable parfois d’être en rage. Elle pouvait pleurer, car elle en connaissait la beauté. Elle accepta sa nature de femme cyclique, et devint magnifique. Elle comprit que tout ce qui vivait en elle était divin, et la lumière vint enfin ! Elle ne cherchait plus la perfection linéaire car elle sentit qu’elle était comme le mouvement de la Terre. Elle dansait , chantait et riait maintenant de sa nature paradoxale et cyclique. Et tout en elle était apaisé car il n’y avait plus besoin de chercher. Juste sentir la brise des étoiles sur sa peau et écouter le cantique des oiseaux. Elle était maintenant l’océan qui voyait ses vagues. Elle était la conscience qui vivait ses émotions. Elle était le divin qui vivait dans son corps humain. Elle était l’espace infini qui vivait le temps fini. Elle était le calme qui regardait ses tempêtes. Elle était l’unité qui vivait sa dualité.Tout en elle s’était réuni. Et elle vivait sa vie.”  

Caroline Gauthier